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Miraculeusement, Angus Young le diablotin de la guitare hard et ses complices se transcendent pour surmonter la mort accidentelle de Bon Scott, leur chanteur bien aimé. Comme l'indiquent la couleur de la pochette, le titre et le tocsin qui résonne au début de "Hell's Bells",
Back In Black est un hommage en bonne et due forme au cher disparu. Hommage façon AC/DC, c'est-à-dire rentre-dedans à souhait, célébrant le rock qui n'est pas une pollution sonore, affirment-ils et les femmes, avec un (faux) mauvais goût assumé. Qui d'autre aurait osé composer un morceau intitulé "Have A Drink On Me" quand on sait que Bon Scott a succombé en s'étouffant dans son vomi après une nuit de beuverie. Son successeur, le sympathique Brian Johnson, sait se montrer à la hauteur du déluge de feu et de sang qui l'entoure. A circonstances exceptionnelles, disque exceptionnel, la marque d'un très grand groupe. Toutes catégories confondues, n'en déplaise aux détracteurs du hard-rock.
--Thierry Chatain
Critique
Dédié à Bon Scott bien sûr, de par son enveloppe noire. Inutile de préciser que le groupe était plutôt attendu au tournant après la disparition de son chanteur charismatique et adulé, et le fait de poursuivre une carrière déjà lucrative, même avec un nouveau vocaliste qui, quel qu’il soit, aurait du mal à faire oublier le précédent. Ce qui fût le cas. Deux jours après les obsèques de Bon Scott le 1er mars 1980, Malcolm propose à son frère de répéter les chansons qu’ils avaient écrites auparavant et tous deux se convainquent que leur aîné aurait voulu que le groupe poursuive sa route (vers l’enfer, bien entendu), avant d’engager après une audition l’ex-chanteur du groupe de Newcastle Geordie, Brian Johnson, que Bon Scott avait déjà eu l’occasion d’apprécier et de le faire savoir.
L’accueil dépasse toutes les espérances ; plus que la personnalité de Johnson et son inclinaison au hurlement, ce sont les compositions qui remportent l’affaire. Le lugubre
« Hells Bells » inaugurera la cloche métallique de scène,
« Shoot To Thrill » engendrera l’exaltation des fans, tandis que les amateurs se régalent de la puissance du titre phare,
« Back In Black », de la profession de foi qui doit couper court aux critiques
« Rock And Roll Ain’t Noise Pollution », et, malgré des couplets un poil longs, de l’un de ses meilleurs solo de guitare dont nous gratifie Angus pendant trente secondes lors de
« You Shook Me All Night Long ». Instantanément double disque d'or en France (et 800 000 ventes depuis sa sortie), Back In Black possède l’honneur d’être la plus grosse vente mondiale de l’industrie musicale d’un album original par un orchestre, rock ou pas, avec plus de 42 millions de copies écoulées, et le deuxième album le plus vendu de l’histoire, derrière le
Thriller de Michael Jackson.
Jean-Noël Ogouz - Copyright 2012 Music Story