AC/DC avait connu un énorme succès avec "Highway to hell" sorti en 1979, ce qui permit au groupe d'accéder au rang de "rockstars". La tournée qui suivit fut énorme, mais ce n'était sans doute rien à côté des immenses beuveries qui suivaient les concerts,ces excès multiples coûtant la vie au chanteur Bon Scott. Les cloches qui ouvrent l'album "Back in Black" semblent rappeler la mort de Bon, mais la musique reprend vite le dessus, comme pour montrer que le groupe a décidé de continuer malgré tout, car d'après Angus Young (le guitariste) : "c'est ce qu'aurait voulu Bon Scott". C'est donc avec un nouveau chanteur, Brian Johnson, évoluant dans le même registre que Bon, mais à la voix plus aigüe, qu'AC/DC va poursuivre sa route. "Back in Black" conserve les racines blues, boogie et rock n'roll du groupe, mais l'athmosphère qui s'en dégage, ne-serait-ce que pour la pochette toute noire, semble beaucoup plus pesante. AC/DC a mûri, il n'est plus l'adolescent insousciant des années 70, il est devenu adulte à l'aube des années 80, en ayant pris conscience du danger guettant les rockstars au travers des diverses tentations souvent tragiques pour de nombreux groupes (Jimi Hendrix, Led Zeppelin, The Who ou dans une moindre mesure, Black Sabbath). Il en ressort une musique plus posée, mais aussi plus aboutie ("Hells bells"," Back in black", "Let me put my love into you"), que le groupe n'aurait peut-être pas pu écrire auparavant, en tout cas un excellent album de hard-rock, un des trois meilleurs d'AC/DC.