De la musique de circonstances... C'est ce qu'une de mes connaissances me disait au sujet de Beenie Man. De la musique chaude qui est constituée d'un agréable mélange entre le Reggae, le R&B, le funk et même le Rap.
Qu'il s'agisse de son premier album officiel intitulé Life & Art qui avait hérité d'un Grammy avec le single Who Am I ou de sa petite dernière création nommée Back To Basics, l'homme décrit comme étant le meilleur MC de Jamaïque, n'entre certainement pas dans la catégorie des artistes préfabriqués faits pour plaire au grand public. Non, Beenie Man, c'est un peu plus que ça.
Question de vous donner une idée de la prestance de l'homme en question, il a déjà travaillé sur des duos avec Wyclef Jean, Buju Banton, Lady Saw, Lil'Kim et Janet Jackson. Ce n'est pas peu dire.
Donc, à l'heure de traiter du 28e album de Beenie Man (oui, à ses dires, c'est son 28e), mentionnons tout d'abord que ce petit cd de 15 pièces vous en donnera vraiment pour votre argent si vous aimez ce genre un peu planant reggae man si difficile à cerner mais tellement agréable a écouter en compagnie d'un bon...
Frappant! C'est exactement le premier mot qui est sorti de ma bouche à l'écoute de Dude, la première pièce de l'album Back to Basics. En plus de faire ce morceau en collaboration avec Miss Thing, une jeune femme à la voix de velours, le rythme de Dude atteint l'objectif ultime, soit être d'offrir des rythmes recherchés et plus de procurer une excellente occasion à ces jeunes demoiselles de se faire aller le bassin de manière sensuelle. Pardonnez cette image. King of the Dancehall, la deuxième pièce de ce melting pot intitulé Back to Basics, diffère drastiquement de sa précédente par une approche plus grasse. Un peu plus Hip Hop comme genre adjoint de sons de gémissements féminins bien disposés.
Toujours la même histoire avec Love All Girls qui semble explorer une toute autre dimension musicale. Vous savez, ce genre de musique de char modifié. En somme, la pièce se veut une ode aux femmes de toutes les races et une nomenclature exhaustive de leurs attraits. Non pas que cela diminue la qualité de la musique, disons simplement que l'auditeur est simplement tiré entre les genres et les approches différentes et ce n'est ici que le troisième morceau de cette épopée. Mentionnons aussi que Love All Girls possède une suite indirecte un peu plus loin en All Girls Party, une pièce dont les paroles relatent sensiblement la même chose mais dans un contexte différent. Une véritable envolée lyrique en l'honneur de la demoiselle quoi... Un sujet que Beenie Man ne semble pas avoir trop de difficulté à exploiter
Dr Know, collaboration avec Jimmy Cheeztrix déçoit un tantinet. Elle semble un peu trop sombrer dans la redite de la précédente. Un build up relativement semblable mais une pièce qui semble mal évoluer. Disons simplement que ça accroche à quelque part... Retour à la case départ avec Grindacologist qui offre déjà plus de profondeur. La présence de Kinberli ajoute de beaucoup à la réussite initiale de cette pièce qui, adjointe de claviers et de back vocals quasi hypnotiques avec ses left right left right très apaisants, se laisse écouter du début à la fin.
Pas vraiment besoin de décortiquer cet album pièce par pièce puisqu'il répond exactement à l'attente initiale. Par contre, il serait criminel d'omettre de parler de Good Woe et Pussu Language, deux incontournables, chacun pour leurs raisons. Le premier des deux, me rappelle lointainement ces joueurs de musique sur le bord de la plage lors d'un voyage en Guadeloupe mémorable et le deuxième, eh bien disons que le deuxième titre impressionne simplement par ses paroles vulgaires. Nul besoin de prédire que cette dernière sera un succès à cause de ses paroles...
Découverte incontournable, If Neva A God s'avère être une impressionnante pièce gospel/soul/R&B qui justifie amplement, si je me posais la question auparavant, la grande réputation de Beenie Man et ses grandes qualités de musicien compositeur. Vraiment, on a l'impression d'assister à un show de Hip Hop dans une église... Suuuuuuperbe ! Finalement Back Against The Wall termine l'album sur une note puissante. Inspirée probablement des racines du Reggae et d'une certain monsieur Bob Marley, Back Against The Wall est superbe et se mérite le titre de meilleure pièce de l'album.
Que dire de Back To Basics ? Il constitue certainement un drôle de mélange de genres musicaux qui réussissent toutefois assez bien à s'entendre pour offrir un produit final écoutable mais pas grandiose du genre baptisé dancehall.
Back To Basics
1. Dude (feat. Ms. Thing)
2. King of the dancehall
3. Love all girls
4. Dr. Know (feat. Jimmy Cheeztrix)
5. Grindacologist (feat. Kymberli)
6. Get on bad
7. Good woe
8. Doctor mi rate yu (feat. Ms. Thing)
9. Set away
10. Eloh
11. All girls party
12. Pussy language
13. D-o of G-o (feat. Ghost)
14. If a neva God (feat. Kirk Davis)
15. Back against the wall