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4.0 étoiles sur 5
film vénéneux..., 16 novembre 2010
Parmi tous ces films sortis au printemps 2010, s'il y en a un qui me semble sortir du lot, c'est bel et bien ce Bad Lieutenant de Werner Herzog (à ne pas confondre avec le film d' Abel Ferrara, de quinze ans son cadet). Les deux films sont vraiment différents dans leur approche idéologique et esthétique. Et le film de Herzog, plus pessimiste, en fin de compte, que celui de Ferrara... L'absence de toute immanence y est en tout cas plus frappante. Il n'est pas question de repentance dans celui-ci mais d'un regard sans concession sur l'Amérique de l'après Katrina (août 2005). Herzog semble nous dire que rien ne peut sauver ce pays de sa turpitude et de son péché. L'Amérique est condamnée, son heure fatale viendra bien un jour. Terrible jugement que voici...
L'histoire de ce flic héroïnomane et proxénète, magistralement interprété par Nicolas Cage, a vraiment tout pour plaire. Si certaines scènes sont crues, voire choquantes (cf. la scène dans la ruelle, quand le flic oblige une jeune femme à lui faire une fellation sous le regard de son mari, tout ça pour faire sauter la contravention...), c'est pour mieux nous faire sentir la fange de cette Amérique-là, celle de tous les extrêmes et de tous les excès. Jamais de mémoire de cinéphile, n'avais-je vu tableau aussi noir. L'Amérique souffre de mille maux, ses institutions sont corrompues, le fric et le cul ont droit de cité, et tant pis pour celles et ceux qui ne s'adaptent pas à ce genre de vie. Le constat est amer. Et quand on ressort de la salle, un malaise nous envahit. Un film qu'on peut voir...
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5.0 étoiles sur 5
Du pur Herzog !, 25 novembre 2010
Le concept est improbable sur le papier : le remake d'un film très personnel d'Abel Ferrara avec Nicolas Cage ? Oui, c'est surprenant. Mais contre tout attente, Werner Herzog s'approprie totalement cette commande. Bien qu'il reprenne quand même le concept de l'original (un flic ripou en proie à ses excès), ce long-métrage est incroyablement signé. La jungle amazonienne de Aguirre ou Fitzcarraldo est ici remplacée par la jungle urbaine, mais on retrouve la présence forte des animaux, le thème de la folie, un goût pour l'humour absurde... Cage y décroche son meilleur rôle depuis bien longtemps, et sa démarche voûtée, à cause de son mal de dos, évoque celle de Kinski dans Aguirre. Précisons toutefois que la différence principale de ce Bad Lieutenant avec l'original est qu'il s'agit d'une comédie. Certes, il ne faut pas s'attendre à du Will Ferell, mais il ne faut pas regarder non plus ce film en croyant avoir affaire à un drame sur la drogue. C'est même sans aucun doute le film le plus drôle de Werner Herzog !
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3.0 étoiles sur 5
Sa nageoire est un nuage !, 4 octobre 2011
Réalisé par l'allemand Werner Herzog, qui nous fait désormais parvenir ses long-métrages tournés pour le cinéma des Etats-Unis, 'Escale à la Nouvelle-Orléans' est un polar noir d'encre dont l'action se déroule dans cette ville après le passage de l'ouragan Katrina : Nicholas Cage (c'est l'un de ses très rares bons rôles de ces dernières années), qui vient d'être promu lieutenant (notamment pour avoir sauvé un prisonnier qui menaçait de mourir noyé après la catastrophe), est chargé d'éclaircir le massacre d'une famille d'africains ; mais, comme il se drogue à cause du très douloureux mal de dos que lui a valu son sauvetage, qu'il a une relation avec une prostituée (la belle Eva Mendes) qui se drogue elle aussi et qu'il approvisionne en came en prélevant leur consommation commune dans les prises de la police, et qu'il parie et perd, parfois gros, avec des types pas franchement cools, il se met à accumuler les conneries plus grosses que lui et à se mettre à dos aussi bien ses collègues (dont l'excellent Val Kilmer, qui fut bon il y a longtemps), que ses chefs et même que la police des polices, mettant en danger non seulement lui-même, mais aussi son père (un ancien alcoolique repenti) et la compagne de celui-ci (une alcoolique encore en pleine activité) et bien sûr et surtout sa propre compagne, cible rapidement de toutes les attentions... Aussi moite que l'air de la Nouvelle-Orléans et halluciné que le jeu de Nicolas Cage (qui nous ferait presque peur à se défoncer ainsi dans tous les sens du terme), littéralement trempé dans du jus de vaudou et dégoulinant de mauvais sentiments, 'Escale à la Nouvelle-Orléans' est un jeu de massacre dont personne ne se relève vraiment, encore que (à la toute fin du film, un peu d'espoir sourd). Si le dégoût de soi-même (et ce à quoi il peut conduire) ne vous impressionne pas trop, vous trouverez peut-être un minimum de 'plaisir', ou du moins d'intérêt, à suivre ce 'sale lieutenant' dans les méandres de son esprit torturé et tortueux : quant tout va mal, rien ne peut aller plus mal ; encore que... Amoral et immoral, ce long-métrage désespéré, à l'image de l'Amérique d'aujourd'hui, a le goût amer d'un monde en déréliction. Y survivrez-vous ? Pas sûr...
A noter : ce film n'est pas un remake du long-métrage partiellement éponyme d'Abel Ferrara, même si les deux films mettent en vedette un personnage de flic ripoux et drogué
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