Avec ce
Volume 2, Polnareff ne faiblit pas et continue dans la veine du savant dosage de hits et de titres de qualité qui ont fait le succès du premier opus, entre avant-garde et musique populaire, l'exercice est ici un peu plus contrasté.
Les exercices d’orchestration sont plus poussés, avec la somptueuse trame symphonique d’
« Âme câline » , les pesantes nappes d’orgues du
« Bal des laze » qui nous font presque rêver à ce qu’aurait pu être un concept-album rock à la Polnareff (la reprise ultérieure par Ange n’y est peut-être pas pour rien), ou la nostalgie des cuivres du plus méconnu
« Jour après jour ». Accentué aussi, et même déployé, l’humour désinvolte entraperçu dans
« Ballade pour un puceau ». L’exercice est particulièrement réussi dans
« Pipelette » où Polnareff joue de son fameux falsetto pour jouer plusieurs rôles. On reste un peu plus circonspect devant la country western de
« Y’a qu’un ch’veu » qui fera pourtant un tabac (chez les scouts en particulier, allez comprendre…). Diminuées enfin les influences anglo-saxonnes (plus de morceaux en anglais) avec tout de même un très réussi
« Roi des fourmis », psychédélique en diable et, dans le style pop mêlant clavecin ou instruments classiques en vogue à l’époque, le très énervé
«Ta ta ta ta».
Si quelques défauts apparaissent, comme des facilités musicales ou des textes un peu faibles (soulignons d’ailleurs l’assistance toute nouvelle de deux « poids lourds » des textes de la chanson française que sont Jean-Loup Dabadie et Pierre Delanoë), Polnareff reste à son meilleur niveau et nous fait vivre des moments d’une intensité et d’une ampleur musicale inédite dans le paysage sonore français de 1968.
- Copyright 2012 Music Story