Critique
Cinq ans sans aucune nouveauté de AC/DC à se mettre dans les oreilles, excepté l’anecdotique « Big Gun » produit par Rick Rubin et sorti en single et dans la b.o. du film
Last Action Hero en 1993, les fans trouvaient le temps trop long, laissés sur l’impression favorable de
The Razor’s Edge et les concerts diaboliques de la tournée 1990/91. Le groupe fait de nouveau appel à Rubin et récupère son batteur emblématique Phil Rudd pour ce
Ballbreaker dont les ventes relativement faibles (moins de quatre millions au total) malgré sa qualité. Gratifié de « putain d’album » par Philippe Manœuvre dans les notes de pochettes du livret qui accompagne les premiers pressages distribués en France, il contient d’autres classiques comme
« Hard As A Rock » qui le débute, de l’AC/DC pur jus qui met en bouche,
« Hail Caesar » et
« Ballbreaker ». Les surprises sont à découvrir dans un nouveau son de basse, plus rond (
« The Honey Roll »,
« Burnin’ Alive »), et un Brian Johnson surprenant, loin de ces hurlements hystériques, capable de balancer un formidable bluesy
« Boogie Man » qui empiète méchamment dans le territoire encombré du blues rock, illuminé aussi par un court solo d’un Angus décidément très inspiré, puisqu’il nous délivre l’un des meilleurs de sa carrière lors de
« The Furor », déjà bien tricoté par la guitare rythmique de son frangin Malcolm.
Jean-Noël Ogouz - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Ballbreaker est le 15e album d'AC/DC sorti en 1995. C'est le premier album studio du groupe depuis The Razor's Edge, sorti cinq ans plus tôt. Très différent de ce dernier, dont les consonances hard rock viraient parfois au heavy metal, Ballbreaker constitue un retour épuré aux premières amours du groupe: le blues rock. Ballbreaker constitue l'unique collaboration du groupe avec Rick Rubin, producteur éclectique ayant aussi bien travaillé avec Red Hot Chili Peppers que System of a down, ou encore Slayer. Le son de l'album est brut de décoffrage au possible et dénué de tout artifice de studio; il n'en reste pas moins massif, et rend parfaitement service au matraquage binaire et métronomique propre au groupe. Si les guitares étaient saturées à l'extrême sur The Razor's Edge, on revient ici à une sonorité "crunch" beaucoup plus naturelle, qui s'apparente parfois à un son clair fortement compressé. La voix de Brian Johnson subit le même traitement : exit notamment les delay et reverb souvent présents dans les précédents opus du groupe. Le timbre rauque et suraigu de l'ancien chanteur de Geordie est toujours là, mais Rubin l'expose sous un autre jour: en misant sur la profondeur et la proximité, il exploite des sonorités jusque là inédites et non dépourvues d'intérêt.