Restless And Wild, sorti un an avant est le genre d'album auquel il est difficile de donner une suite. Avec ce "Balls to the wall", Accept réussit le tour de force de ne pas décevoir et d'élargir son public.
L'album débute par le morceau-phare, "Balls to the wall", hymne parmi les hymnes du Metal. Rien que pour ce titre, cet album vaut le détour.
Mais évidemment, le bonheur ne s'arrête pas là. "London Leatherboys" au riff ultra efficace, la petite speederie qu'est "Fight it back" et le mid-tempo "Head over heels" achèvent de planter le décor. Accept sort avec ce "Balls to the wall" un nouvel album qui fera date dans le petit monde du Metal.
Tout est carré et millimétré. Ah, la rigueur allemande, c'est quelque chose ! Le guitariste Wolf Hoffmann nous sort des solos fantastiques.
Dès que le tempo s'alourdit ("Head over heels", "Balls", "Turn me on"), la basse est en avant et elle vrombit. Un vrai plaisir !
Comme toujours, des refrains taillés pour la scène ("Losers and winners", "Guardian of the night", "Balls",...)
Enfin, la ballade est de retour avec "Winterdreams" et son atmosphère de chant de Noël.
Cet album est aussi celui par lequel Deaffy (en fait, la manageuse du groupe et compagne de Wolf Hoffmann) devient parolière à part entière du groupe et compose les titres avec Udo. Les paroles deviennent plus sérieuses, plus engagées, abordant maintenant des thèmes politiques et sociaux. La pochette marque aussi ce changement avec un peu de provocation. Cela vaudra au groupe d'être accusé de faire l'apologie de l'homosexualité (d'autant que l'une des chansons de l'album, "Love child", traite du problème.) Il faut dire aussi que la photo intérieure de l'époque (elle n'a pas été rééditée sur le CD, du moins, celui que j'ai) où le groupe posait torse nu a largement contribué à la rumeur.
"Balls to the wall" est l'un des plus gros succès du groupe. Il fut même désigné comme le meilleur album de Heavy Metal par un magazine. Et c'est largement mérité.
A noter que cette édition est agrémentée de deux titres live, tirés du fameux mini LP "Kaizoku-Ban" sorti juste après "Metal Heart".