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Balzac : La Comédie Humaine, tome 3
 
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Balzac : La Comédie Humaine, tome 3 [Cuir/luxe]

Honoré de Balzac
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Détails sur le produit

  • Cuir/luxe: 1748 pages
  • Editeur : Gallimard (4 octobre 1976)
  • Collection : Bibliothèque de la Pléiade
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070108589
  • ISBN-13: 978-2070108589
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5.0 étoiles sur 5 Sublime!, 31 janvier 2012
Par 
Nastasia Buergo (France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Balzac : La Comédie Humaine, tome 3 (Cuir/luxe)
Ce troisième tome pléiade est l'un de mes préférés. Vous y retrouvez Le père Goriot, Le colonel Chabert, La messe de l'athée, L'Interdiction, Le Contrat de mariage, Autre étude de femme, Ursule Mirouët, Eugénie Grandet, Pierrette, Le Curé de Tours et La Rabouilleuse. Je vous propose une petite description de quatre de ces ½uvres:

LE PÈRE GORIOT

Qu'est-ce qui n'a pas été dit ou écrit sur "Le père Goriot" en particulier et sur Balzac en général? Réponse: à peu près rien, mais tout le monde n'a pas lu le monceau impressionnant de critiques littéraires qui ont été faites à ce sujet. Alors je ne ferais probablement que répéter ce que d'autres auront dit de meilleure façon que je ne saurais le faire. En premier lieu, qu'il s'agit d'un très bon roman et que c'est une bonne porte d'entrée pour l'immense testament que nous a laissé le bon Honoré. (Néanmoins, trop de lycéens ont eu à "subir" ce roman à un âge où, manifestement, ils n'étaient pas prêts à goûter toute la saveur du vécu et le cruel réalisme qui émane de ce roman lorsqu'on le lit quelques années plus tard). Ensuite, que toutes les clefs d'écriture qui lui sont propres se retrouvent ici: la description première (celle qui rebute souvent les néophytes) un peu comme le ferait un peintre qui soignerait particulièrement son décor avant d'entamer la figure centrale de sa toile, ensuite, la mesquinerie ou la loupe focalisée sur les défauts de ses personnages souvent très haut ou très bas en couleur, puis le ton ironique, sarcastique, cynique, caustique, désabusé avec lequel Balzac nous raconte ses histoires, viennent ensuite les accélérations, les montées en puissance de l'intrigue, les coups de projecteur sur le passé d'un personnage que l'on croit bien connaître (les fameux éclairages rétrospectifs dont parle Proust), puis les sortes de tonnerres ou de descentes aux enfers du final. Vous étonnerais-je en disant que le père Goriot n'est probablement pas le personnage principal de ce roman même s'il est la morale de la fable? Vous recommanderais-je le savoureux verbe du truculent Vautrin alias, vous découvrirez qui, et de sa vision du monde? Oui, "le monde selon Vautrin", vaut vraiment le détour. Bon séjour en immersion dans le noir Paris du début XIXè.

Juste pour la route, quelques mots de l'intrigue au cas où vous ne la connaîtriez pas. Eugène de Rastignac, jeune étudiant débarquant de sa province à Paris dans le but de s'y faire un nom et une situation. Malheureusement pour lui, même si la famille possède le lustre de la particule, si utile dans le grand monde, elle ne lui procure pas de rentrées d'argent suffisantes au train qu'il convient d'afficher à Paris lorsqu'on aspire à devenir un dandy. Le père Goriot, quant à lui, pour son plus grand malheur à deux filles. Deux filles qu'il aime mieux que lui-même, deux filles pour lesquelles il sacrifierait sa vie, deux filles belles comme l'aurore... et ingrates comme le sont les filles roturières qui se veulent du grand monde. Le père Goriot, commerçant prospère ne recule donc devant aucun sacrifice financier susceptible de lui attirer "l'affection" des deux vénales progénitures...

LA MESSE DE L'ATHÉE

Balzac nous offre une somptueuse petite nouvelle, qui balbutie quelque peu au démarrage, mais qui explose par la suite pour devenir un vrai petit bijou, fort et poignant, comme Balzac sait les faire. Elle met en scène un chirurgien célèbre, Desplein (alias Guillaume Dupuytren dans la réalité, contemporain de Balzac) mentor du médecin Bianchon, que les adeptes de la Comédie Humaine connaissent comme membre du Cénacle (voir Le père Goriot pour la constitution de la maison Vauquer ou Illusions perdues pour plus de détails sur le Cénacle). Cet illustre et fantasque chirurgien, connu pour ses positions résolument athées est une fois surpris par Bianchon se rendant à une messe à Saint-Sulpice. Stupeur de Bianchon qui s'interroge sur la signification de cette mascarade. Le manège se reproduit périodiquement et Bianchon, trop admiratif de ce maître, n'ose aborder clairement la question. Je vous laisse découvrir la chute, si vous ne la connaissez, mais sachez simplement que cette nouvelle est très vraisemblablement à l'origine d'une des plus célèbre, voire, LA plus célèbre chanson de Georges Brassens : Chanson Pour L'Auvergnat.
Balzac y distille également certains de ses aphorismes dont il a le secret, du genre:

<< Ainsi, mon cher, si je ne crois pas en Dieu, je crois encore moins à l'homme.>>

<< Comme tous les gens de génie, il était sans héritier.>>

<< Vous avez assez de talent, mon cher enfant, pour connaître bientôt la bataille horrible, incessante que la médiocrité livre à l'homme supérieur.>>

EUGÉNIE GRANDET

Comme parfois chez Balzac, le personnage qui donne son nom au roman ne semble pas être le personnage principal. Ici, la figure du père Grandet trône au c½ur du roman, quant au destin de sa fille Eugénie, il paraît n'être qu'un simple dommage collatéral de l'avarice maladive du vieux. Molière nous avait peint un avare pathétique jusqu'au rire, Balzac nous en sert un pathétique tout court, qui crève avec son magot, le c½ur dur comme un granit et les paupières plus sèches que le désert. Eugénie et sa mère sont les pauvres témoins, voire, de vulgaires expédients du vieux radin. Elles n'ont nul droit à la chaleur humaine et surtout pas à l'amour. Le vieux non plus d'ailleurs, mais il s'en fiche comme d'une guigne tant qu'il a de l'or. A la mort du vieillard, Eugénie demeure richissime, mais malheureuse et je vous laisse lire la fin si vous ne l'avez déjà fait.
Ce monument de Balzac vaut principalement pour la dentelle dans laquelle l'auteur cisèle la sensibilité d'Eugénie, ses frêles attentes, ses désirs accessibles, son âme neuve, éprise de romantisme et si éloignée de la cruelle réalité de son père, de la rudesse confinant à la goujaterie de son cousin qu'elle aime, la dentelle encore avec laquelle Honoré de Balzac sait si bien nous faire sentir les attentes cupides des deux clans ennemis cherchant à tout prix à faire un beau mariage rentable avec Eugénie, la considérant, elle, comme une quantité négligeable. Sublime ½uvre psychologique et sociale, écrite tout en finesse, en sensibilité, en amertume aussi, c'est à juste titre que ce roman figure parmi les plus célèbres de son auteur.

LE CURÉ DE TOURS

On découvre dans cet opus de la comédie humaine le bon abbé Birroteau, qui accouchera plus tard d'un frère, le célébrissime César Birotteau, autre opus intéressant de Balzac. C'est donc un homme rondouillard, un peu simple d'esprit, qui ne voit de mal nulle part et qui s'imagine naïvement que les gens qui lui veulent du bien le font pour ses beaux yeux. Une fois encore, Balzac saura faire surgir devant lui la plus grande mesquinerie humaine, l'envie, la basse vengeance, l'orgueil, le calcul politique, bref, tout ce qui fait que Balzac est Balzac. Contrairement à certains autres romans de l'auteur qui lassent parfois les lecteurs non avertis par des descriptions fouillées, nous avons ici affaire à un bref roman, à la limite de la nouvelle longue, où les descriptions ne sont point trop invasives et le plaisir est prompt à s'emparer du lecteur. Encore une fois, le personnage qui donne son nom à l'½uvre ne semble pas être le personnage principal, puisqu'à la fin on assise encore à son échouage, victime des vicissitudes de la cruelle vie et des calculs des gens peu enclins à la noblesse d'âme, en l'espèce, le retors abbé Troubert. A lire sans modération.
Mais tout cela, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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