J'ai eu la chair de poule! Dès la 1ère note de musique, Beatty annonce la couleur de l'intrigue.
Dans une bâtisse délaissée (un rat gît devant l'entrée!) gravitent 4 personnes: Arthur (père rigide et docteur/scientifique), Ingrid (grande-tante soumise), Lucille (jeune fille très sensible et fervente de poésie) et Joan (mystérieuse infirmière). Après une tentative de suicide, Lucille sera soignée 24/24 par Joan. Progressivement, cette rencontre évoluera d'une relation tendrement intime crescendo en intensité.
Tout au long du film, j'ai été troublée et captivée par les scènes alternant l'austérité, la douceur et la sensualité. L'atmosphère est tantôt oppressante et lugubre (temps pluvieux, maison délabrée, père exerçant un amour réel, inconditionnel et despotique sur sa fille, expériences mortelles sur les souris, e.a.), tantôt lumineuse et pleine d'espoir. La concrétisation de leur intimité m'a estomaquée: c'était tendre, sensuel et horrifiant. La seconde fois, elle m'a remuée lorsque Lucille crie silencieusement son désespoir, puis du tréfonds de son être, déchire toute sa souffrance et sa solitude sur Joan. Je trouve dans ce film une indéniable intensité créée par, entre autre, l'excellent jeu des acteurs et par les gros plans visuels des personnages. J'émettrai qu'une seule objection: la scène finale me semble invraisemblable lorsque les 2 protagonistes commettent l'impair et se font prendre en flagrance par Ingrid. Sinon, à voir et revoir!