Figure emblématique de ce premier roman, Svevo Bandini est maçon, comme l'était le père de l'auteur. Immigré italien de fraîche date, il s'est installé avec sa famille dans le Colorado. Durant tout l'hiver, Svevo cherche désespérément du travail et finit par trouver une riche maîtresse. Tout rentre dans l'ordre lorsque le printemps revenu, Svevo réintègre le foyer familial. Sa famille, c'est Maria, sa femme, une amoureuse lascive et surtout Arturo, le fils aîné. Rebelle et passionné, Arturo est l'élément moteur du récit. Un garnement qui porte sur ses parents un regard à la fois tendre et sans pitié. Il est d'une certaine manière le double de Fante, qui le suivra jusqu'à sa mort.
La grande force du roman réside dans son caractère quasi autobiographique et une écriture à la fois limpide, drôle et rageuse. À partir de 1940, Fante écrira peu, travaillant surtout pour Hollywood. Bandini est donc une oeuvre majeure, parce que rare et novatrice. Son influence, depuis Bukowski jusqu'à Coppola, a marqué plusieurs générations d'artistes et d'écrivains. --Stellio Paris --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Très bon roman de l'ambivalence affective,
Par Jeff le frisé "Se ressourcer sous sa source" (Sion, Suisse) - Voir tous mes commentaires (TOP 1000 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bandini (Poche)
« Jamais il ne la tromperait. Elle le savait. Mais pouvait-elle en être certaine ?» Cette citation résume bien l'ambivalence affective qui règne dans cet admirable livre introspectif. Elle concerne Svevo, poseur de briques impulsif marié à la pieuse et effacée Maria Bandini. Originaires d'Italie, ils élèvent leurs trois jeunes garçons dans le Colorado des années 20 ou 30.Présente chez le père, l'ambivalence affective est aussi très présente chez Arturo, le fils aîné de 14 ans. « Il aimait sa mère, mais il la détestait ». Ce partage entre amour et haine, ici exprimé pour cette mère attentionnée mais sans doute trop ordinaire à son goût, est symptomatique de la condition de pauvres immigrés italiens, attachés à leur racine et rêvant d'atteindre le confortable niveau de vie des Américains qui les entourent. Le rêve, le lecteur y est souvent transporté par l'intermédiaire d'Arturo, qui essaie d'échapper à sa condition de fils d'ouvrier en s'imaginant aimé par celle qui n'a que dédain pour lui. Le parallèle avec son père est évident. Lui aussi se sait misérable et au bas de l'échelle sociale, et finit par admirer une riche veuve américaine, symbole de réussite et d'aisance matérielle, lorsque celle-ci lui demande de réparer sa cheminée. Dans l'hiver rigoureux du Colorado, qui le laisse sans travail, Svevo va-t-il se laisser brûler par les flammes de cette passion, tromper sa bigotte Maria, détruire son modeste foyer en tentant de réparer cet autre foyer ? Les tensions et les déchirements sont très présents dans ce livre. John Fante parvient très bien à nous les faire ressentir, notamment grâce à ce procédé littéraire qui fait subitement passer la narration de la troisième personne vers une introspection à la première personne. Ce saut narratif permet de nous imprégner des fortes émotions de Bandini père et fils et nous fait partager leur intimité, souvent pathétique mais jamais pitoyable. Un exemple : « Il (= Arturo) désirait être seul, se livrer totalement à l'étau qui enserrait sa poitrine, parce qu'elle (=Rosa, la fille qu'il aime sans retour de sa part) me détestait et que je la dégoûtais, mais sa mère ne voulut pas l'abandonner... » Cette capacité de plonger au coeur de la bonne et mauvaise conscience des personnages, par l'intermédiaire de leurs prières, rêves et autres affabulations, donne à ce roman en grande partie autobiographique une touche très humaine. Après tant de sourires, rires et autres émotions fortes partagées avec les Bandini, on ne peut que se réjouir de lire le roman suivant « Demande à la poussière ». Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
souvenirs, souvenirs...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bandini (Poche)
Qu'y a-t-il de vrai dans ces souvenirs d'Arturo Bandini qui cachent les traits de John Fante? Peu importe car le livre raconte quelques mois de la vie d'un gamin d'immigrés italien qui se sent et se veut américain ! C'est écrit dans une langue qui coule doucement, facilement. C'est sans doute cela, être grand écrivain : écrire les sentiments humains de la manière la plus simple. Ce roman se lit en deux coups de cuillère à pot ! On suit Svevo Bandini, maçon sans le sou, sa femme, Maria qui s'en remet à Dieu en permanence, les trois fils, Arturo, August et Federico, tantôt en adoration devant leur père et le redoutant, tantôt touchés par la faiblesse de leur mère.Une histoire simple dans un style simple. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Dans la tourmente,
Par Poignant (Poitiers France) - Voir tous mes commentaires (TESTEURS) (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Bandini (Poche)
J'avais été plus que séduit par la pêche de « Demande à la poussière » et des premières aventures amoureuses d'Arturo Bandini dans le Los Angeles miteux des années 30.Dans « Bandini » nous retrouvons Arturo quelques années plus tôt. Il a 14 ans, vit dans une petite ville du Colorado. Son père Svevo est un maçon immigré italien un peu volage, sa mère Maria une bigote amoureuse qui élève consciencieusement ses trois garçons dans la misère. Alors qu'Arturo est tiraillé entre son éducation catholique pour laquelle tout est péché et ses premiers émois amoureux pour Rosa, le couple Bandini connaît une grave crise. Par un concours de circonstances professionnel, Svevo termine dans le lit d'une riche veuve, ce qui plonge Maria dans une dépression passionnelle... Plein d'humour, de tendresse et de cruauté, ce roman qui date de 1938 nous révèle encore l'immense talent de son auteur. . Inspirateur évident de Charles Bukowski, de John Irving ou d'Augusten Burroughs, John Fante vous fera rire et pleurer avec virtuosité. Si vous ne le connaissez pas, à découvrir d'urgence. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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