"Banquises" nous met face à deux terribles situations, totalement indépendantes l'une de l'autre, l'une individuelle, l'autre plus globale :
- comment vivre après la disparition inexpliquée d'un être cher ?
- comment vivre sur la banquises qui disparaît ?
L'histoire est désenchantée à souhait :
vingt-sept ans auparavant, la jeune Sarah, agée alors de vingt-deux ans, est partie passer six semaines au Groenland. Elle n'en est jamais revenue, personne n'a jamais su ce qui s'était passé.
Cette disparition soudaine a traumatisé la famille : sa mère se meurt chaque jour dans une attente amorphe, le père tente de s'habituer à la douleur lancinante que provoque l'absence de sa fille aînée et Lisa, de sept ans la cadette de la disparue, tente de grandir dans l'ombre pesante de sa soeur.
Vingt-sept ans plus tard, il faudra déclarer la jeune femme pour morte, ce qui provoque en Lisa une réaction étonnante : elle se lance, plus d'un quart de siècle plus tard, sur les traces de sa soeur et se rend donc à Uummannaq au Groenland. Dans cette petite ville de pêcheurs elle découvre une terrible réalite : la banquise fond, la vie est loin de l'idylle romantique que l'on imagine, les habitants vivent isolés du monde mais également de leurs voisins.
Seulement, si l'ambiance y est, je n'ai pas pu adhérer complètement à ce livre.
Oui, j'ai adoré découvrir Ummannaq et, à travers cette petite ville, le Groenland et la banquise, mais j'ai trouvé le deuxième aspect, celui de la souffrance face à la disparition de Sarah, raté et même ennuyeux.
Déjà, le livre est construit sur des souvenirs, des allers/venues entre le présent et le passé, mais ce n'est pas ordonné, on ne peut pas suivre le fil du passé comme on le souhaiterait, on est simplement confronté à des images de la souffrance de la famille de Sarah qui viennent au gré du récit.
Ensuite, je n'ai absolument pas adhéré à l'attitude de sa famille : la mère, notamment, qui se meurt en l'absence de son enfant, et pourtant elle ne prend pas ses bagages pour refaire le chemin de sa fille !? Il faudra attendre que Lisa le fasse, un quart de siècle plus tard, alors que les traces sont effacées depuis longtemps.
Les parents se contentent de coller des affiches, oui, aussi au Groenland, mais ils ne cherchent pas vraiment. Une attitude passive qui m'est incompréhensible.
Je reste donc avec certaines images magnifiques de la banquise mais aussi avec un certain ennui face à l'histoire même, d'autant plus qu'elle est traversée par des longueurs inutiles qui m'incitaient parfois à lire en diagonal.
Dans l'ensemble, un roman qui n'atteint son que partiellement. Sympa, sans plus.