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3.0 étoiles sur 5
Nuit blanche sur la banquise ..., 30 juillet 2011
Voilà un roman pour le moins original. Sa construction, le style et les thèmes abordés pourront en rebuter plus d'un ou tout au contraire passionner le lecteur qui voudra bien entrer dans cette histoire sans se poser trop de question.
Car là est bien le problème, à mon avis, de ce livre. Soit on se laisse porter par la narration sans vouloir approfondir l'histoire dans son esprit soit on fait preuve d'un peu plus de recul et de discernement et là ... ça a du mal à passer !
J'ai été assez mitigé à sa lecture. Comme d'autres j'ai noté des passages creux et ennuyeux. J'ai bien eu du mal à m'identifier aux personnages. Le style ne m'a pas déplu, c'est affaire de gout.
Je ne dirai pas que ce roman est mauvais mais il faudra être particulièrement sensible à l'histoire pour vraiment rentrer dedans. L'ensemble ne m'a pas laissé un trop mauvais souvenir mais je suis resté loin de cette banquise et de ses personnages ...
A conseiller avec ces quelques réserves pour ma part.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Au-dessous du volcan, 17 août 2011
Disons-le tout net, c'est un roman qui se mérite. Hors de question ici d'envisager une lecture par bribes, entre deux stations, pour ainsi dire. Ce récit, écrit avec une précision anatomique, une richesse descriptive hors norme et des phrases souvent interminables, et dont la lecture n'est en rien facilitée par l'absence presque totale de dialogues, réclame une attention soutenue et un investissement en temps conséquent : c'est seulement lorsqu'on se plonge dedans de façon résolue, comme une sorte d'apnée, qu'une forme d'empathie, évoquée à un moment par l'auteur et qui semble sinon totalement absente de cette froide étude clinique, parvient à se dégager de la gangue du vocabulaire, de l'analyse microscopique des moindres états d'âme des protagonistes, de l'évocation détaillée des effets du réchauffement climatique sur l'avenir des pêcheurs d'Uummannaq.
Le drame évoqué dans le prière d'insérer, la disparition plus de 20 ans auparavant de la s½ur de la narratrice, est en effet la raison d'être de cette narration, de ce voyage au Groënland. L'un comme l'autre, tout comme les répercussions sur la vie de leurs parents sont évoqués avec une telle richesse de détails qu'on est constamment tenté de voir ce roman comme un récit autobiographique déguisé.
A contrario, en écrivant ce livre du point de vue de la soeur restante, mais à la troisième personne, l'auteur tient le lecteur à distance et produit un effet désincarné, potentiellement rébarbatif. Elle raconte un voyage, mais aucun événement ne semble jamais devoir relever du domaine de l'Aventure. Quant aux passions, elles sont comprimées entre la glace mollissante d'un "pack" en pleine déconfiture et les cendres délétères du volcan Eyjafjöll.
Valentine Goby signe ici un roman magistral. Difficile d'accès, mais magistral.
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3.0 étoiles sur 5
Un roman désenchanté provoquant par moment l'ennui, 28 juillet 2011
"Banquises" nous met face à deux terribles situations, totalement indépendantes l'une de l'autre, l'une individuelle, l'autre plus globale :
- comment vivre après la disparition inexpliquée d'un être cher ?
- comment vivre sur la banquises qui disparaît ?
L'histoire est désenchantée à souhait :
vingt-sept ans auparavant, la jeune Sarah, agée alors de vingt-deux ans, est partie passer six semaines au Groenland. Elle n'en est jamais revenue, personne n'a jamais su ce qui s'était passé.
Cette disparition soudaine a traumatisé la famille : sa mère se meurt chaque jour dans une attente amorphe, le père tente de s'habituer à la douleur lancinante que provoque l'absence de sa fille aînée et Lisa, de sept ans la cadette de la disparue, tente de grandir dans l'ombre pesante de sa soeur.
Vingt-sept ans plus tard, il faudra déclarer la jeune femme pour morte, ce qui provoque en Lisa une réaction étonnante : elle se lance, plus d'un quart de siècle plus tard, sur les traces de sa soeur et se rend donc à Uummannaq au Groenland. Dans cette petite ville de pêcheurs elle découvre une terrible réalite : la banquise fond, la vie est loin de l'idylle romantique que l'on imagine, les habitants vivent isolés du monde mais également de leurs voisins.
Seulement, si l'ambiance y est, je n'ai pas pu adhérer complètement à ce livre.
Oui, j'ai adoré découvrir Ummannaq et, à travers cette petite ville, le Groenland et la banquise, mais j'ai trouvé le deuxième aspect, celui de la souffrance face à la disparition de Sarah, raté et même ennuyeux.
Déjà, le livre est construit sur des souvenirs, des allers/venues entre le présent et le passé, mais ce n'est pas ordonné, on ne peut pas suivre le fil du passé comme on le souhaiterait, on est simplement confronté à des images de la souffrance de la famille de Sarah qui viennent au gré du récit.
Ensuite, je n'ai absolument pas adhéré à l'attitude de sa famille : la mère, notamment, qui se meurt en l'absence de son enfant, et pourtant elle ne prend pas ses bagages pour refaire le chemin de sa fille !? Il faudra attendre que Lisa le fasse, un quart de siècle plus tard, alors que les traces sont effacées depuis longtemps.
Les parents se contentent de coller des affiches, oui, aussi au Groenland, mais ils ne cherchent pas vraiment. Une attitude passive qui m'est incompréhensible.
Je reste donc avec certaines images magnifiques de la banquise mais aussi avec un certain ennui face à l'histoire même, d'autant plus qu'elle est traversée par des longueurs inutiles qui m'incitaient parfois à lire en diagonal.
Dans l'ensemble, un roman qui n'atteint son que partiellement. Sympa, sans plus.
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