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Un programme viennois, à l'anglaise : frac et cotillons..., 3 septembre 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Barbirolli Viennese Album / SCHUBERT : Symphonie n° 9 "La Grande" / SUPPE : Ouvertures La Cavalerie Légère, Poète et Paysan etc / J. STRAUSS : Le Beau Danube Bleu etc (CD)
Ce double-CD livre deux visages bien différents mais tout aussi complémentaires de la musique viennoise : la musique légère avec Strauss et Suppé, et le romantisme naissant avec Schubert.
Les Strauss furent enregistrés à l'occasion de concerts de gala au Royal Albert Hall de Londres. Ne manquez d'ailleurs pas de vous régaler des inénarrables photos sur le vif qui illustrent le livret...
L'idiome sonore est bien différent de ce que l'on peut traditionnellement entendre aux concerts du Nouvel an des Wiener Philarmoniker, tout au moins à cette époque : moins de spontanéité, moins de naturel, l'orchestre est plus apprêté. Mais quelle tenue, quel maintien, quelle classe. Une vraie leçon de tact.
Les plus célèbres Ouvertures de Suppé sont là aussi : "Matin, midi et soir à Venise", "Poète et paysan"... et bien sûr l'intrépide "Cavalerie légère".
Comparées aux robustes lectures de Paul Paray à Detroit, Barbirolli se montre beaucoup plus fin dans le détail instrumental et beaucoup plus souple dans le phrasé. Tout aussi inspiré, et encore plus séduisant.
Détail amusant : la prise de son, excellentissime, est signée de Robert Fine, l'ingénieur de la Mercury qui avait aussi enregistré Paray...
Après ce récital enthousiasmant et contre toute attente, je trouve que cette 9° de Schubert gravée en 1964 manque de profondeur, de flexibilité, de cette tendresse qui fait le charme du compositeur. Les scherzos me semblent trop froids et mécaniques.
Pour ce chef d'oeuvre de la symphonie romantique, on pourra rester fidèle à la précédente version que le chef anglais avait déjà gravée en 1953.
En tout cas, remercions Dutton pour son zèle à maintenir vivace l'héritage discographique de cet immense interprète, révéré à juste titre de l'autre côté de la Manche.
Les reports sont excellents. Et le livret richement documenté est très instructif (pour les anglophones...) et délicieusement plaisant : ne manquez pas ce cliché du chef arborant frac et chapeau de tambour-major au milieu des cotillons...
Voyons, sir John...
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