Évidemment sa pochette ne l'y aide pas. C'est vrai... Qu'est ce qu'elle peut être grotesque et moche !!!
"Bark at the Moon" est aussi, et peut être avant tout, l'album d'après. L'après feu Randy Roads. Et forcément, même avec les meilleures volontés et intentions du monde, on n'efface pas comme ça, d'un revers de la main, ce que Ozzy et son jeune prodige de guitariste avaient publié jusque là. "Bark at the Moon" est donc de ces albums que certains continueront d'aimer à détester... Par réaction. Certes, le son des claviers (d'époque) de Don Airey (actuel Deep Purple) ne lui rende guère service aujourd'hui. De même, cette ballade pompeuse et dégoulinante qu'est "So Tired" est une grave faute de goût. Pour le reste...
En 1983, Ozzy est un homme rongé par le chagrin et bouffi par l'alcool qu'il ingurgite à haute de dose. Dans un tel contexte, il est même surprenant que "Bark at the Moon" ne soit pas plus faible que ce qu'il aurait pu être. Et faible, assurément ce disque ne l'est pas. Il faut dire qu'entre Tommy Aldridge le marteleur, Rudy Sarzo à la basse, et cette nouvelle recrue (et fine gâchette), que fut Jack E Lee, l'ex chanteur de Black Sabbath nous offrait là un disque plutôt dans l'air du temps, sombre et Heavy à souhait, et dont certains morceaux mériteraient même d'être réabilité aujourd'hui sur scène. Car outre son titre éponyme, "Now you see it", "Spiders" ou "Rock'n'Roll Rebel" ne dénoteraient certainement pas non plus dans une set list du Mad Man.
14,5/20