Quatrième de couverture
Cette étude a été menée dans les années 1960 et 1970, chez les Khmers habitant le massif des Cardamomes (Cambodge) et ses piémonts occidentaux (Thailande). Elle part de leur intégration au milieu naturel pour montrer comment ils ont, pendant probablement plusieurs siècles, pu vivre en circuit relativement autonome. Et cela tant sur le plan matériel (exploitation de la forêt pour l'essartage et les besoins quotidiens, commerce entre les Khmers Daeum vivant au Cambodge et ceux sis en Thailande) que sur le plan social (système de parenté, hiérarchie) et linguistique [évolution de dialectes qui mettent en évidence une parenté avec le khmer moyen (XIIIe - milieu du XIXe siècle)]. Ces traits spécifiques contrastent avec les coutumes observées chez les riziculteurs de la plaine; ils s'accordent d'une part avec un isolement du pouvoir central (Phnom Penh et Bangkok), d'autre part avec la tradition orale attribuant les débuts du peuplement de la montagne à la fin du XVIe siècle. Isolat culturel, ce groupe représente, à l'époque, un conservatoire de la tradition khmère, lieu privilégié pour étudier les savoirs naturalistes populaires et le fonctionnement des deux unités sociales fondamentales: la famille et le sruk, "terroir". Ainsi, l'expression Khmers Daeum "Khmers de l'origine" qui leur est appliquée traduit une certaine réalité.