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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Une enfance sous Franco,
Par Ouhman (Paris 18) - Voir tous mes commentaires (TOP 1000 COMMENTATEURS) (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Barrio (Comic)
La suite de Paracuellos est un bel album de 240 pages au papier de qualité, constitué d'une quarantaine d'histoires indépendantes, dont les longueurs varient entre 2 et 20 pages. Nous sommes dans les années 50 ; Carlines a 9 ans ; il quitte la pension pour venir vivre auprès de sa mère, dans un quartier pauvre de Madrid. Gimenez nous raconte son enfance difficile : les privations, la maladie, la faim, les rivalités enfantines, les luttes adultes, le tout dans une atmosphère violente et inquisitrice, où chacun essaie le plus possible de se faire oublier.J'ai un peu moins aimé ce volume que le précédent, en partie parce qu'il est moins fin : il n'y a qu'à comparer les deux couvertures pour comprendre que Gimenez a décidé d'exploiter ici à fond la veine lacrymale. Or, quand l'émotion vire au procédé, elle finit par manquer son but, un peu comme dans les chansons réalistes du siècle dernier. Les Roses blanches, ça va à petite dose ; une maman morte, c'est triste, mais à la troisième, ça ne fait plus grand chose. Je trouve l'auteur bien plus émouvant lorsqu'il ne cherche pas à nous apitoyer, comme c'est le cas dans le premier quart de l'album, de loin le plus dense et le plus réussi, déjà paru aux éditions Fluide Glacial en 1981, sous le titre Barrio, "le quartier". Malgré tout, dans l'ensemble, il s'agit d'une bonne bande dessinée, que l'on peut sans problème, par exemple, offrir à un lecteur adulte. Instructive, intelligente, il s'en dégage une atmosphère riche, pas uniformément triste. Dans l'enfance du petit garçon de la couverture, il y eut certes beaucoup de larmes, mais également le soleil, le dessin, l'amour maternel, les camarades, et quantité de valeurs nobles. Peut-être est-ce pour cette raison que, malgré la noirceur globale des anecdotes, on songe, en refermant l'album, à cette phrase de Courteline, mise en exergue par Melville dans L'Armée des ombres : "Mauvais souvenirs ! Soyez pourtant les bienvenus, vous êtes ma jeunesse lointaine." Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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