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Commentaires client les plus utiles
32 internautes sur 36 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
I'd prefer not to,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bartleby le scribe (Poche)
Avec Bartleby le scribe, Melville invente un personnage unique, inédit dans toute l'histoire de la littérature : ce petit bonhomme aux allures tranquilles qui se fait recruter comme scribe dans une entreprise américaine du XIXème siècle, répond bientôt à chaque question qu'on lui pose : "I would prefer not to" (soit : "j'aimerais mieux pas"), ce conditionnel merveilleux situe bien l'attitude du personnage, qui ne s'ancre ni dans la rébellion (sinon, il dirait "I do not want to"), ni dans la provocation ou dans le refus du syndicaliste (par exemple). Non, l'attitude de Bartleby est à chercher ailleurs : son refus d'agir, son refus de vouloir même (ou de ne pas vouloir) est tout entier métaphysique, et il définit aussi, avec beaucoup d'avance, une posture qui deviendra la marque d'un certain vingtième siécle (voir à ce sujet Jean-Yves Jouannais dans son ouvrage sur "Les artistes sans oeuvre").
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10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Comment tomber dans Melville.... tristesse, banalité mort et sublime,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bartleby le scribe (Poche)
Bartleby est l'un des personnages emblématiques de la littérature mondiale, au même titre que le Kurz de Conrad ou le K de Kafka.
Le découvrir est une plongée brève mais qui vous marquera à jamais dans l'absurde. Nouvelle simple au style claire si typique de ces auteurs qui nous parlent sans difficulté malgré le siècle et finalement l'univers qui nous séparent. C'est étrange mais je l'ai fait lire à certaines personnes, chefs d'entreprise, et toutes m'ont rendu la nouvelle, marquée profondément par le caractère réaliste de la description de la vie d'entreprise dans cette étude financière de wall street. Lisez ce livre sans a priori, sans espérer une rencontre. Et comme nous, vous pourrez dire quand vous croiserez un Bartleby "..qu'il dort désormais parmi les princes et les rois" Plus tard, si vous avez aimé cet aperçu de l'univers Melvillien, et que Moby Dick vous effraie encore (mais vous y viendrez, soyez sans crainte), les Encantadas, autre nouvelle magnifiquement traduite par Leyris, inventeur hélas disparu des grands poetes anglo-saxons. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Enigmatique et captivant,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bartleby le scribe (Broché)
La célèbre nouvelle d'Herman Melville saisit par son incongruité. On reste un peu perplexe, voire abasourdi, ne sachant pas très bien ce que l'auteur a voulu nous dire, ce qu'il a cherché à dépeindre, si tout cela a un sens. C'est peut-être précisément ce qui fait la force de la nouvelle et explique son succès. Les niveaux de lecture sont multiples, chacun peut donner un sens à l'histoire et au personnage, ou bien encore accepter l'absurde, accepter que certaines choses, surtout lorsqu'il s'agit de choses humaines, échappent à toute logique.
Parmi les multiples débats et interprétations de l'œuvre, il est tentant d'y voir une satire de Wall Street, une critique du monde du travail (surtout aujourd'hui) ; pourtant nul discours social ou politique est vraiment présent dans le récit. En revanche, on peut y trouver, comme dans d'autres œuvres de Melville, la question centrale de l'autorité. Il est proprement fascinant de voir comment la passivité de Bartleby, son calme tranquille, désarme et fait céder l'autorité. Mais Bartleby n'a rien d'un rebelle. Loin de lui toute révolte ou opposition. "Il préfèrerait pas", c'est tout... Tout comme le narrateur, on passe par différents sentiments au fil de la lecture, de la stupeur à l'agacement en passant par la compassion. Si l'originalité du personnage séduit dans la première partie, très vite on assiste à une montée dramatique, inexorable, sans issue, que la fin tragique vient confirmer. En s'isolant, en se marginalisant à ce point, en sortant des règles sociales établies, Bartleby finit par se priver de toute relation. Et l'absence de relation mène à la mort. Si elle n'est pas mise au service d'un combat, d'une cause, d'une conviction, ce que l'on pourrait interpréter comme une formidable résistance non violente se révèle en réalité mortifère. La parabole de Melville - si s'en est une - est loin d'être un hymne chimérique à l'oisiveté, comme on pourrait le croire un instant au début. Elle tente peut-être de démontrer au contraire que l'on ne peut pas vivre en pur esprit, que l'épanouissement de l'homme passe par le travail, par un certain effort, voire par de nécessaires compromis et renoncements entre le rêve et la réalité ; et surtout il passe par la capacité de dire oui, d'accueillir, d'échanger avec ses semblables et donc de s'y confronter dans l'arène sociale. Une mention spéciale pour le style de Melville, et l'excellente traduction de Pierre Leyris, qui soutiennent magnifiquement la tension narrative. Ainsi que pour l'édition FolioPlus Classique et le très utile et intéressant dossier d'Olivier Rocheteau. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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