Tout ici étonne, émerveille : le style, la poésie, le lyrisme, la beauté des sonorités, la parfaite fusion entre trois éléments (soliste, chef, orchestre). Ensemble, rejetant toute tentation de virtuosité, instrumentale ou orchestrale, toute violence excessive, toute âpreté de mauvaise aloi, dont on pare trop souvent ce concerto, Gil Shaham et Pierre Boulez donnent de cette œuvre une vison faite d'intériorité, de spiritualité, de sensibilité. Pas une seule note n'est laissée ici au hasard et ce formidable travail de réflexion, réalisé en commun, nous offre une interprétation toute de spontanéité, de naturel, d'humanité. Un disque qui pourrait bien être l'un des plus beaux consacrés au violon et à Bartok.