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5.0 étoiles sur 5
Un excellent Bats, très original, 22 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman : Absolution (Comic)
Ce récit de Batman est paru chez Panini Comics en 2002, et compte une centaine de pages (couverture cartonnée). Brian Ashmore est au dessin (à la peinture), et J.M. DeMatteis au scénario.
Il y a dix ans, un groupe de terroristes, des écologistes extrémistes, organise un attentat à l'explosif ayant la Tour Wayne pour cible. L'explosion fait de nombreuses victimes, pour la plupart des employés de Wayne Enterprises. Cet attentat est revendiqué par une certaine Jennifer Blake, leader du groupuscule en question.
Batman lui donne alors la chasse, enquête, fait parler les contacts de la terroriste, la poursuit de Gotham City à Londres, en passant par le Missouri, mais rien à faire : sa proie parvient toujours à lui échapper - de justesse. Jusqu'à ce qu'il retrouve la trace de cette dernière, en Inde...
Mais comment Batman va-t-il mener la chasse sur un terrain qui n'est pas le sien, loin de Gotham City ?
Comment appréhendera-t-il la confrontation finale avec Jennifer Blake ?
Et où en sont les motivations actuelles de cette dernière ?
Le scénario est très original et surprenant, puisqu'il nous emmène loin de Gotham City et des habituels ennemis de Batman. L'histoire est riche en rebondissements, et les planches de Brian Ashmore sont splendides !
Cet album est un régal pour tout amateur du Bats ; cette aventure peut-être lue indépendamment de la continuité de l'univers du chevalier masqué, ce qui la rend accessible aux "néophytes".
Un des meilleurs "graphic novels" consacrés à Batman ces dernières années. Chaudement recommandé !
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5.0 étoiles sur 5
Deux concepts subversifs : le pardon et la rédemption, 1 juin 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman : Absolution (Comic)
Il s'agit d'une histoire complète de Batman, en un seul tome paru à l'origine en 2002, indépendante de la continuité.
Dans une ville pauvre d'Inde, une femme blanche donne le bain à un vieillard autochtone que le lecteur devine vivant largement en dessous du seuil de pauvreté. Elle travaille pour une mission catholique. 10 ans plus tôt une bombe a explosé lors d'un gala organisé dans les locaux de l'entreprise Wayne. Jennifer Blake (la responsable de cet attentat terroriste) a réussi à s'enfuir, pendant que Batman impuissant était le témoin de la mort de plusieurs invités. De retour à l'époque actuelle, Batman a enfin retrouvé la trace de cette femme fanatique. La piste le mènera jusqu'en Inde pour une confrontation complexe. Les déplacements de Batman sous couvert de l'identité de Matches Malone sont entrecoupés par des scènes retraçant le parcours de la terroriste.
Attendez voir un peu : un comics américain qui parle de terrorisme et qui a été édité en 2002. John-Marc DeMatteis (le scénariste) souhaite se servir de cette histoire pour donner sa réaction sur les attentats du 11 septembre 2001. Mais par le biais d'une histoire de Batman ? N'est-ce pas un peu incongru ? Eh bien, DeMatteis n'est pas le premier venu. Dans les années 1980, il avait profité de la création d'Epic Comics (une branche adulte de Marvel Comics) pour réaliser 2 récits mature :
Moonshadow avec Jon J. Muth et
Blood: A Tale avec Kent Williams (tous les 2 en anglais). En 1987, il avait écrit une histoire de Spiderman (
Kraven's Last Hunt, en anglais) qui traitait du suicide sur un mode adulte. En fait, en plus d'une palanquée d'histoires de superhéros traditionnelles, DeMatteis a donc réalisé des histoires illustrant ces réflexions et ses points de vue sur la spiritualité et la vie intérieure.
Finalement se servir d'un genre typiquement américain (le comics de superhéros) pour donner son point de vue n'est pas plus choquant que d'écrire des polars pour traiter de problèmes sociaux, ou de quête de sens, ou de rédemption. Le résultat sombre dans le ridicule uniquement si l'auteur n'a pas les moyens de ses ambitions.
Et des ambitions, DeMatteis, il en a : dans l'Amérique de George W. Bush, juste après les attentats terroristes sur le sol de la nation, il parle de pardon et de rédemption. Il raconte une histoire de superhéros en respectant les codes spécifiques à ce genre : bastons, action de nuit, héros mystérieux et au dessus des lois, aventure à grand spectacle. Il respecte les canons du personnage de Batman avec une évocation lourde de sens à la mort de ses parents, un objectif de vengeance, des certitudes inébranlables sur la justice, etc. Il utilise même un élément canonique du mythe de ce personnage : l'identité de Matches Malone.
Il met habilement en scène l'humanité de Batman et ses limites comme toute être humain, face à cette terroriste qui ne se limite pas à un cliché manichéen. DeMatteis se sert avec habilité et perspicacité de sa compréhension de Batman pour mettre en évidence les limites d'une justice qui ne serrait qu'un instrument de vengeance.
Pour illustrer ce récit, les responsables éditoriaux de DC Comics ont réussi à embaucher Brian Ashmore, un peintre ayant réalisé 2 ou 3 autres comics. Il illustre cette histoire en aquarelles. Dans les premières pages, il apparaît que ce peintre s'inspire du style inimitable d'Alex Ross pour le rendu des cases. Le résultat n'est pas vraiment convaincant parce qu'Ashmore souhaite également utiliser l'aquarelle pour laisser des zones que l'imagination du lecteur doit compléter. Ces 2 partis pris se neutralisent au lieu de se compléter. Au fil des pages, il devient plus à l'aise dans sa technique et il tire un meilleur parti de l'aquarelle pour avoir des illustrations plus évocatrices que précises. Malheureusement, il arrive que les besoins du scénario le contraignent à être plus précis et les peintures perdent alors de leur pouvoir suggestion pour ne plus être de simples mises en images factuelles. Globalement, les illustrations sont d'un bon niveau et agréables à regarder. Elles portent bien l'histoire, et un tiers du temps elles magnifient les ambiances et révèlent les sentiments des personnages.
Avec ce récit John-Marc DeMatteis utilise un genre de récit spécifique des États-Unis (les superhéros) pour donner son point de vue construit et intelligent sur la différence entre la justice et la vengeance, sur la possibilité de rédemption, sur le pardon des erreurs, dans un contexte où cette nation exigeait l'exécution sommaire de tout ce qui ressemblait à un terroriste. Il a utilisé à nouveau l'archétype du superhéros dans
Life and Times of Savior 28 (en anglais) pour un questionnement existentiel plus abouti et tout aussi humaniste, en le liant à l'histoire des États-Unis au vingtième siècle.
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