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5.0 étoiles sur 5
Glissement du pouvoir, 10 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman : Un long Halloween (Comic)
Pour pouvoir pleinement apprécier cette histoire, il faut mieux avoir déjà lu
Year One. Jeph Loeb part de cette version des débuts de Batman pour élaborer l'impact de Batman sur l'équilibre des pouvoirs dans Gotham. Il utilise donc les personnages introduits dans "Year One".
L'apparition de Batman dans Gotham remet en cause la mainmise de la famille Falcone sur la pègre, la police et les politiques. Dans le sillage de Batman surgissent des individus fortement dérangés tels que Catwoman qui a défiguré Carmine Falcone, Joker qui semble mû par une folie meurtrière sans raison, Solomon Grundy (une force de la nature), Scarecrow (un homme qui joue sur la peur) et Riddler (???). Au milieu de ces alliances changeantes et des règlements de compte qui en découlent, un tueur sévit dans Gotham abattant une victime à chaques vacances ou jour férié. De son coté, Bruce Wayne tâtonne encore pour parfaire ses méthodes de travail, ce qui le pousse à s'allier avec Harvey Dent et avec James Gordon. Par contre, il n'arrive pas à choisir quelle attitude adopter vis à vis de Selina Kyle.
Jeph Loeb et Tim Sale avaient déjà collaboré ensemble sur le personnage de Bataman pour trois histoires courtes se déroulant à Halloween (
Haunted Knight, en anglais) avec un résultat très convaincant. À la demande d'Archie Goodwin, ils reviennent pour cette histoire qui sera suivi par
Dark Victory, puis par l'épilogue consacré à Catwoman dans
Catwoman à Rome (et bien d'autres pour Marvel). Jeph Loeb entremêle habilement l'héritage de Frank Miller, avec une histoire de gangsters, avec le tissage des premières relations entre les personnages principaux de l'univers de Batman, avec une vraie enquête pour savoir qui est le meurtrier, avec des réflexions sur l'apparition de personnages costumés à moitié (ou complètement) fous dans une ville corrompue. Et il a conçu son histoire en ayant en tête les points forts de Tim Sale.
Ce dernier utilise un style qui repose sur de grandes cases (donc peu de cases par page), de gros aplats de noir, des visages qu'il caricature pour les tirer vers le symbolisme, des exagérations physiques qui font ressortir l'aspect d'icones des héros et des criminels. Pour autant son sens de la composition lui permet de capter le mouvement et de s'inscrire dans un art vraiment séquentiel, même à 3 cases par pages. Et Jeph Loeb lui laisse de nombreuses pages pour mettre en valeur ses illustrations.
C'est tout à l'honneur de Loeb et de Sale qu'ils arrivent à amalgamer les différentes composantes de leur histoire pour aboutir à un tout cohérent (un petit peu long à mon goût, je préfère Dark Victory dont le rythme est mieux maîtrisé) qui renouvelle intelligemment les histoires de flics et voyous en intégrant harmonieusement des personnages costumés pas si facile que ça à rendre crédibles. Cerise sur le gâteau : Bruce Wayne brille de mille feux dans des scènes le mettant en lumière en tant que Batman, en tant que membre de la haute société, en tant que détective..., sans pour autant en faire un violent psychopathe.
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5.0 étoiles sur 5
Le manifeste Halloween, 1 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman : Un long Halloween (Comic)
Dans les jeunes années de "l'homme chauve-souris", un tueur en série surnommé "Holiday" commet un meurtre chaque mois, le soir d'une fête nationale américaine...
Sur le principe du "serial" avec un épisode par mois publié sur une année, la maxi-série "Batman : Un long Halloween" déroule une intrigue à suspense dans la grande tradition du roman noir...
Vous tenez là un Batman majeur, totalement intégré dans la continuité, qui peut se lire comme une suite directe au mythique "
Batman Year One" de Frank Miller.
Le tandem d'auteurs Jeff Loeb/Tim Sale, coupable également de la série "Halloween" (antérieure), "Dark Victory" (suite du présent recueil), "
Catwoman à Rome" (Spin-of de Dark Victory), "
Les saisons de superman", également à la tête de relectures de certains personnages marvel ("
Spider-Man : Bleu", "
Daredevil : Jaune", "
Hulk : Gris") signe ici son chef-d'œuvre. Sachant que les autres albums susnommés sont également brillants, inutile de dire que l'on tient là une des meilleures histoires jamais contées sur le Batman !
Tout au long des douze épisodes qui constituent le récit, les deux auteurs confèrent à leur œuvre une atmosphère "film noir/Hitchcock/cartoon/épouvante" qui cite plusieurs décennies de références scénaristiques et esthétiques, nourrissant un scénario qui puise sa densité au cœur de ces références. L'expérience qu'ils font vivre au lecteur, à travers une sorte de nostalgie universelle, est alors purement émotionnelle et c'est ce qui lui donne une dimension magique. Le duo Loeb/Sale achève de s'imposer comme le plus fabuleux parmi les créateurs de comics "postmodernes", où la nostalgie se mêle aux canons actuels pour accoucher d'œuvres intemporelles. Le dessin quant-à lui, est absolument unique. Tim Sale vous éblouira de son trait gracieux et magique, à la fois caricatural et puissant, mais sonnant toujours incroyablement juste ! Son style a quelque chose de si intemporel, de si romantique, qu'il s'est fait le spécialiste des relectures et des histoires se déroulant dans le passé.
Pour ceux qui aiment la série animée des années 90, produite par Bruce Timm, l'ambiance gothique et rétro de ce "Long Halloween" est un enchantement, avec un soupçon de violence et de méchanceté en plus...
Un album incontournable.
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