2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Un retour réussi et convaincant, 13 juillet 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Battle For The Sun Edition simple (CD)
Aprés le semi-échec de "Meds", Placebo nous revient avec un nouvel album.
C'est évident, le groupe est à la croisée des chemins.
Nouveau look, nouveau batteur et nouvelle (légère) direction musicale.
Sacré dilemne pour le groupe. Comment garder les fans de la première heure tout en évoluant musicalement.
Aprés quelques écoutes de "Battle for the sun", le constat est qu'on a affaire à un bon album.
C'est moins sombre et plus dépouillé. Il y a une continuité entre les morceaux, mais quelques uns émergent comme les excellents "Ashtray Heart", "For what it's worth", "Julien", Speak in tongue" ou "Breathe Underwater".
Evidemment ça n'atteint pas la cheville de "Without you, I'm nothing" ou "Sleeping with ghosts" mais en ayant tout les albums du groupe on peut trouver son bonheur.
Et puis il faudrait le rechroniquer dans quelques années pour voir, puisque j'arrive à l'écouter régulièrement. Cet album peut se bonifier au fil du temps.
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30 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
TALENT HORS NORME, 4 juin 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Battle For The Sun Edition simple (CD)
Placebo, grâce à ses 2 derniers albums, les excellents "Sleeping with Ghost" et "Meds" (dans le 1er, il nous démontrait sa puissance, dans le second sa capacité de finesse et sa maturité, sa versatilité) est parvenu au statut de groupe majeur, statut atteint par son pur talent évolutif.
Entre-temps Steve Hewitt, le batteur, est parti, Remplacé par un petit jeunot tatoué - Steve Forrest - pas manchot du tout, qui assure aussi bien que Steve et apporte un certain sang neuf avec un jeu frais mais bien appuyé.
Ce qui frappe d'abord, c'est la voix de Molko, qui a fait d'énormes progrès : plus grave, même si toujours nasillarde à souhait, plus modulée, plus travaillée, avec vibratos, petits effets, et fioritures diverses. Il était déjà excellent, il devient impérial.
"Battle for the Sun" est un chef d'aeuvre. Il explose les frontières et les limites : défini par Molko lui-même comme ni hard-rock ni pop, mais plutôt « hard pop », ce disque est une armoire massive en acier trempé doté de 13 tiroirs blindés de matos top niveau jusqu'à ras bord. Rien à jeter. De nombreux claviers, effets, samples et instruments variés sont saupoudrés avec génis sur ce disque, juste là où il faut...
David Bottrill a produit et Alan Moulder a mixé (My Bloody Valentine, Smashing Pumpkins et Nine Inch Nails) insufflant à eux 2 une forte énergie dans ce disque, sans le cantonner dans un style. Il garde ce coté électro qui lui est cher, sans non plus s'y enfermer. Placebo reste un groupe de rock, et le démontre clairement... plus que jamais !
ROCK / HOMOGENE / ATMOSPHERIQUE / SOPHISTIQUE / DENSE / PUISSANT / INSPIRE / RICHE RICHE RICHE... voilà les mots qui viennent à l'esprit au fur et à mesure que se déroule ce chef d'aeuvre, qui le plus plus heavy de toute la Placebographie. Les titres sont courts, directs, au fer rouge.
Les 2 premiers titres - les moins marquants selon moi, très Placebo rock brut des débuts avec grattes acérées façon « Bitter End » et petit break de « claps » très sympa pour la 1ère et structure façon « This Picture » pour la 2ème - vont dérouter l'auditeur, lui laissant croire à un retour aux sources, voire un certain errement qui pourra vous inquieter. Mais dès le 3ème morceau, « Battle for the Sun », l'on comprend où on a mis les pieds, le festival commence et dès lors, on confine à l'excellence pure, sans jamais faiblir dans la puissance et l'inspiration. Aucun morceau du style « Pierrot the clown », lent, épuré (même si très beau) : ici tout déménage, même si de nombreuses intros sont subtiles et douces... ça pète toujours derrière !
« Battle for the Sun », le single, se développe en 5 ou 6 niveaux, crescendo très riche, doté d'une mélodie ingénieuse et surprenante, qui explose sur un mur de guitare très rentre-dedans. Une telle richesse en moins de 4mn, c'est vraiment rare...
« For What It's Worth » démarre en mid-tempo épuré puis vous aspire immédiatement dans sa rythmique imparable, avant de vous coller une baffe avec un break excellent de chaeurs angéliques, avant de repartir de plus belle en cavalcade. Irrésistible !
« Devil in the Details » est un superbe crescendo qui fait penser à « Meds », mais en meilleur : très atmosphérique là encore (comme quasiment tout le disque), dans une ambiance typique Placebo. Initié sur un rythme épuré électroïde troublant, ce titre éclate complètement en strates successives et le morceau s'envole au firmament, vos pieds ne touchent plus terre. Hallucinant.
« Bright Lights » s'ouvre sur une ligne de basse vrombissante en mid-tempo, qui intronise un riff lumineux, simple et perçant la nuit, repart en force, et va très loin.
« Speak in Tongues », alambiqué, met en exergue le Placebo New Style avec la Gibson au son cru qui crache ses tripes... très très rock !
« Never-Ending Why » : encoooore une tuerie ! Tempo carré appuyé par une guitare sans pitié et soutenu par un petit carillon du meilleur effet, ainsi qu'un semblant de solo ! Heavy à foison (on frise le hard rock), jouissif.
« Julien »... Pfff, encore un coup de maître ! Beat électro-basses avec voix parlée/chantée, puis un petit riff vicieux et hypnotique apparaît après 1mn, et le groupe envoie la sauce : grosses guitares... la voix démente de Molko emplit l'espace, on s'en délecte. Les cuivres arrivent, ténus mais bel et bien présents. La mélodie est recherchée et directe à la fois. Un break très fort de mur de guitares tournoyantes vous cloue au mur, le groove repart, on est valdingués dans tous les sens, c'est trop bon.
« Happy You're Gone » avec son intro susurrée trompe son monde, car là encore, après 1mn de finesse, ça part en feu d'artifice rock dur... accalmie sur roulement de caisse claire en fond sonore, puis ça redémarre de plus belle. Brian joue avec sa voix sur les fins de phrase... envoûtant. Accords somptueux, violon en fond. En un crescendo dramatique, ce titre va très loin (très haut).
« Breathe Underwater » est une grosse claque ! Probablement le titre le plus heavy du disque. Un riff électro de départ devient un mid-tempo sec, puis la Gibson débarque et arrache tout sur son passage. Votre pied est pris de furie, lorsqu'un break terrible (sample de roulette qui tourne) vous tient en apnée... et PAF, on passe la seconde ! WAOUUUUUUU la super baffe ! Absolument génial... un véritable orgasme musical rock. Directe, efficace, imparable...
« Come Undone » est mélancolique et heavy à la fois : ce serait un hybride entre « Pierrot the clown » et « Plasticine » ! Excellent titre.
« Kings of Medicine » clôture le meilleur album de l'année 2009 avec un départ voix ténue + gratte sèche. Devient inquiétant, puis la rythmique mid-tempo laisse la place à Brian pour exprimer toute sa sensibilité à fleur de peau, soutenu par un piano. Superbe.
On termine le disque et on réalise que tous les titres nous ont scotché, sans demi-teinte, et c'est très fort...
Marquant une nette évolution avec "Meds" ce disque est AERIEN, lumineux et sombre à la fois, et sort enfin le groupe d'une sphère mélancolique qui lui allait certes très bien, mais qui faisait penser que Placebo n'était pas ou plus capable d'autre chose. Faux : tout en gardant cette quintessentielle mystique ténébreuse, Molko, Olsdal et le petit nouveau - Steve Forrest à la batterie - se placent dans les rayons bienfaisants du soleil pâle mais chaleureux du petit matin, après une nuit profonde et riche en évènements. Pas de demi-mesure dans le dosage des guitares : tout est réglé à FOND !
Petite parenthèse sur les textes : une fois encore fortement marqués par la vie de tous les jours et l'introspection, la critique du (des) système(s), de nos travers, les lyrics sont de toute beauté, et ne gâchant rien, ajoute une profondeur supplémentaire à une musique qui pourrait déjà se suffire à elle-même. Putain quel talent !
On disait de « Meds » qu'il était le disque de la maturité... que dire de ce suprême « Battle of the Sun » ? Que c'est le disque de la consécration ? En prenant son temps (4 ans !) pour élaborer ses disques, Placebo se donne les moyens de réaliser des chefs d'aeuvres... les uns après les autres.... Et ça ne fait que monter ! La barre est donc placée très haute pour le prochain (2013 ?)... faire mieux sera dur, et s'ils réussissent, Placebo sera (est déjà) à considérer comme l'une des plus grosses pointures rock de la planète et quoi qu'il advienne, ce sublime disque existe, et on ne pourra plus nous le retirer !
Cet album aura une très longue durée de vie. Je salue bien bas le talent hors norme d'un groupe hors norme.
Un IMMENSE BRAVO. L'album de l'année 2009. Sans conteste (à moins que le « Black Clouds & Silver linings » de Dream Theater, qui va sortir bientôt, ne soit celui de la décennie, mais franchement ça va être très très dur).
Si vous avez aimé, testez donc "The boy with the X-ray Eyes" de Babylon Zoo (1996)... vous serez surpris !
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