Ces enregistrements publics inédits sont vraiment précieux, autant pour les admirateurs de Brendel (dont je suis), que pour tous ceux qui aiment les oeuvres ici enregistrées ou le piano en général. Les Variations Diabelli, enregistrées le 30 mai 2001, sont absolument magnifiques: Brendel y trouve l'équilibre parfait entre la fougue de son enregistrement public de 1976 et l'intériorité de son enregistrement studio de 1988. Ici, on a à la fois le rythme, la folie, l'humour, et le chant, la rumination intérieure, voire les éclairs prohétiques. C'est à mon avis une version majeure de l'oeuvre: Brendel y est supérieur à lui-même aussi bien qu'à Pollini (un peu trop sévère) et Anderszewski (fascinant mais finalement un peu artificiel). L'Andante spianato&Grande polonaise (13 mai 1968) est une merveille de lyrisme à la fois délicat et vif: Brendel joue peu Chopin, mais quand il s'y risque, il sait ce qu'il fait! Les Variations sérieuses de Mendelssohn (25 mars 1990) sont supérieures à l'enregistrement de 1989: plus urgentes, plus ivres aussi. Les deux Elégies de Busoni (22 octobre 1997) sont magnifiques, la première en particulier: mystique et inquiétante. Brendel, grand interprète de Liszt, y excelle vraiment. Enfin la sonate n° 28 de Beethoven (26 novembre 1992) est d'une grande pureté: Brendel, dont le défaut est d'être parfois un peu "crispé", s'y montre d'une simplicité et d'une sobriété parfaites.
On a donc là l'une des très grandes versions des Diabelli et des compléments vraiment très beaux et originaux, que tout amateur de Brendel ou de la musique pour piano devrait écouter.