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Be Yourself Tonight est certainement l'un des meilleurs disques du duo britannique Eurythmics, celui où leurs influences pop et soul se font le plus sentir. Froid et totalement investi dans son image sans aspérité typique des années quatre-vingt (comme Grace Jones et Madonna), le couple que forment la chanteuse Annie Lennox et l'homme à tout faire Dave Stewart offre ici ses plus beaux simples : "Sisters Are Doing It For Themselves" avec Aretha Franklin et l'incontournable "There Must Be An Angel (Playing With My Heart)" - avec Stevie Wonder à l'harmonica - qui n'a pas fini de faire recette ! Suivront trois albums réalisés entre 1986 et 1989 avant séparation et reformation... dix ans plus tard ! Envoûtant par son aspect lisse et aseptisé mais non sans âme,
Be Yourself Tonight ne peut être comparé qu'à
Medusa, l'album solo d'Annie Lennox, dont "A Whiter Shade Of Pale", reprise de Procol Harum, a également fait le tour de la planète.
--Hervé Comte
Critique
Avec
Be yourself tonight, 5ème album sorti en avril 1985, Eurythmics prend un nouveau virage. Alignant 9 titres, dont tous ou presque sont des tubes, où simplicité et efficacité sont de mise. Annie Lennox semble un peu moins introspective et plus en confiance que dans les albums précédents (son court mariage avec Radha Raman semble l’avoir apaisée), et Dave Stewart fait preuve d’originalité tout en restant plus immédiatement accessible.
Be yourself tonight débute avec
« Would I lie to you » qui pose les bases : rythmiques imposantes, cuivres en soutien des guitares de Dave Stewart et Annie Lennox toute, en nuances vocales. L’influence de la musique soul et de Motown est là, rien d'étonnant à ce que Stevie Wonder fasse entendre son harmonica dans
« They must be an angel (Playing with my heart) ». Le single sortira en juin et sera N°1 en Grande Bretagne pendant 13 semaines. La grande diva Aretha Franklin apparaît également en chantant en duo l’hymne féministe
« Sisters are doin’ it for themselves », hommage au gospel et chanson engagée comme Eurythmics sait les faire. C'est enfin Elvis Costello qui vient donner de la voix dans le superbe
« Adrian » aux accents électroniques, malgré des cordes adoucissant la rythmique saccadée du titre.
Avec des textes plus recherchés qu’il ne paraît, une musique élaborée (sans jamais en faire des tonnes), une maîtrise vocale et des arrangements de premier ordre, Eurythmics confirme avec cet album son savoir-faire et son talent. Avec 5 albums en 5 ans, des tournées dans les plus grandes salles et stades de la planète, le groupe a atteint en 1985 un niveau de reconnaissance international. Il se devait d’être à la hauteur et c’est sans contestation chose faite.
Emeline Blanquart - Copyright 2012 Music Story