Pour être honnête, "Beat" ne fera jamais partie des oeuvres inoubliables de King Crimson. Mais cette seconde oeuvre du groupe recrée par Fripp dans les 80's reste quand même assez intéressant. De bonnes chansons, comme "The Howler", "Neurotica", l'instrumental "Sartori In Tangier" et le très pop "Heartbeat". "Neal And Jack And Me" est sympa. Le reste de l'album est nettement moins fort, notamment "Two Hands". Pochette ridicule et horrible, qui ne donne pas envie d'acheter. Titre d'album en référence à la Beat Generation (Kerouac, Cassady, Ginsberg, Burroughs), et pas mal de chansons en parlent ("Neal..."). Mais le titre de l'album, en français (au fait, il y à une ligne de français sur "Neal..." !), permet un jeu de mots aussi douteux qu'inévitable, qui pourrait concerner la qualité de l'album, à la rigueur, si on est de mauvaise foi.
"Beat" n'est pas un grand album. De plus, il ne dure que 35 minutes, le plus court de Crimso, et franchement, il est trop court, malgré son inégalité (paradoxal, non ?). Ce n'est pas un grand album. Mais bon, il n'est pas pourri non plus. Disons que l'album est à déconseiller à ceux pour qui King Crimson, c'est "Red", "Larks' Tongues In Aspic" ou "Lizard". Disons aussi que si vous avez aimé "Discipline", que si vous aimez les Talking Heads, que si vous aimez les sonorités 80's et pop, alors vous devriez avoir plus de chances d'aimer "Beat". Un album pour fans absolus.
Dernière chose : savez-vous que cet album copieusement assassiné par la critique à l'époque est le premier du groupe à être produit par une personne extérieure au groupe (Rhett Davies) ? et que c'était aussi, à l'époque, la première fois que deux albums consécutifs du groupe ("Discipline", cet album) étaient enregistrés par le même line-up ? Et ça sera aussi le cas de l'album suivant...