Eels, c'est aussi une nouvelle façon de voir le rock alternatif, un rock mélodieux et mélancolique qui mélange allègrement riffs électriques, samples électroniques et jouets d'enfant. Eels fait dans l'originalité, et en tant que pionnier n'a pas eu l'estime et la reconnaissance immédiate du public. Mon aventure musicale avec Eels a débuté avec cet album ; mais ils se valent tous, tous identiques, tous différents, tous surprenants. C'est pour cette raison que je ne me lasse pas de Eels et notamment avec la voix de E, qui par moment, en plus de son blues nostalgique, flirte avec celle de Tom Waits jeune et à jeun.
Des ballades enjolivées, des ritournelles entrainantes qui donnent l'envie de faire osciller son briquet dans une salle de spectacle et qui côtoient quelques morceaux plus bruts et plus mâles à la voix éraillée. Et lorsque l'harmonica (Neil Young sort de cet instrument !) s'élève sur « Guest List » entre deux riffs électriques, je perçois toute la mélancolie et la tristesse d'un blues du Sud profond. Et lorsque « Mental » s'agite, c'est tout mon corps qui est pris de frénésie oscillante. Et lorsque « Manchild » s'achève, dernier des douze titres de l'album, le chagrin ne m'épargne pas et j'ai envie de replonger dans cet univers en sortant un autre album de E-Eels. Eels où l'histoire de E qui joue un rock alternatif familial...