Groupe suédois de metal progressif, Seventh Wonder a débuté avec cet album. Les influences viennent essentiellement des deux premiers albums de Dream Theater (le premier en particulier, dans ce qu'il avait de plus épique), du côté le plus mélodique de Symphony X, un peu de chez Iron Maiden (la basse !) et Malmsteen, entre autres. Plusieurs membres avouent un faible pour Talisman, le groupe de metal mélodique de 2 ex-Malmsteen : Marcel Jacob et Jeff Scott Soto. Le but du groupe n'est pas de faire des démonstrations techniques stériles et les mélodies vocales sont de toute évidence la base sur laquelle reposent avant tout les compositions, même si la place laissée aux parties instrumentales est conséquente. Et ces Suédois sont doués. Ou disons qu'ils ont travaillé dur !
"Become" comporte 9 morceaux (dont un caché) très bien produits. On distingue facilement chaque instrument - y compris la basse (qui participe parfois aux mélodies) et le chant, sans qu'il soit question de saturation, comme c'est trop souvent le cas. Les mélodies sont fortes, et plutôt lumineuses, épiques, avec des passages au son plus léger qui laissent respirer l'auditeur. Andi Kravljaca possède une voix très claire et relativement puissante. On sent qu'il a parfois un petit peu de mal à rester parfaitement juste et à forcer en même temps, mais il faut dire que les parties vocales ne sont pas évidentes. Les guitares de Johan Liefvendahl ne sont pas inutilement plombées mais les riffs pas toujours très originaux, ce qui est compensé par ses parties solistes remarquablement mélodiques et soigneusement construites. Le claviériste Andreas Söderin utilise un éventail de sons assez large : nappes orchestrales superbes, sons typés "moog" ou Kurzweil pour les solos, piano cristallin et textures plus inédites, à la fois modernes et limpides. Le jeu de basse très riche et clairement audible d'Andreas Blomqvist est époustouflant. Enfin, le batteur Johnny Sandin est assez démonstratif mais précis et utilise un son plein et chaleureux (ça change des sons archi-secs et creux à la mode !).
Les morceaux sont souvent assez ramassés, tournant autour de 5 minutes mais avec pourtant des structures recélant plus d'une surprise. Et les deux derniers sont des pièces de résistance plus proches des 8 minutes avec des refrains aisément mémorisables. Sans parler de la longue ballade finale purement orchestrale : magnifique (pourquoi n'a-t-on pas le titre ?!).
Un album plus mélodique et plus orchestral que ce que produisent la plupart des groupes de metal progressif actuel.