Avec cette série intitulée "Bedrock breaks", le label de John Digweed s'est mis à promouvoir ce sous-genre d'Electronic Dance Music appelé le breakbeat avec trois doubles disques sortis entre 2002 et 2004: deux compilations par Dj Hyper et une par Meat Katie.
Le breakbeat est caractérisé par ce rythme "cassé" aisément reconnaissable, le même rythme de base accéléré dans la drum'n'bass, retrouvé aussi en hip hop avec le breakdance.
Dans sa version électronique, on peut distinguer les sous-genres big beat, dont les plus célèbres représentants sont les Chemical Brothers, Fatboy Slim, Prodigy sur certaines périodes, et le nu skool break que j'avais évoqué dans mon commentaire du set de Rennie Pilgrem sur "Renaissance presents...".
Nous arrivons donc à Hyper alias Guy Hatfield, un des grands représentants du breakbeat à la sauce anglaise. Il est le patron d'un label important du genre, Kilowatt, d'ailleurs représenté ici.
Pour mémoire, Hyper avait déjà mixé deux CD pour la série consacré au breakbeat du label Distinc'tive, Y3K devenu depuis Y4K.
Pourquoi du breakbeat sur Bedrock? Bonne question, car à ma connaissance, Diggers ne joue pas de breakbeat ; les quelques incursions breaks sont typiques par contre de son compère Sasha, qui a toujours injecté une bonne dose de progressive break dans ses sets et supporté des artistes qui ont fait leurs armes dans le style comme James Zabiela -"Alive" est sa dernière compilation un peu breakbeat.
A l'époque, le breakbeat était intimement lié à la progressive grâce notamment aux producteurs australiens comme Phil K, Andy Page et plus tard Luke Chable, Nubreed entre autres.
Et Hyper fait partie des anglais qui ont gardé un contact étroit avec la progressive, au même titre que les Plump Djs.
Voici donc ce premier jet, deux CD mixés proposant une sélection intégralement breakbeat.
Le premier est le plus dansant des deux, il commence avec intro calme de Ils assez caractéristique de l'artiste, qui annonce la première bombe du set, le remix minimaliste de "Sudden journey" -du projet de Timo Maas Mad Dogs- par la paire Hyper & Dylan Rhymes, efficace au possible. Plus funky, le remix de Freq Nasty de "Retox", qu'il a d'ailleurs sélectionné pour son "Y4K".
Hyper calme le jeu sur les titres suivants, jusqu'au peak time, "The mighty Ming" remixé par les Plump Djs, dont la patte est immédiatement reconnaissable et qui font beaucoup avec pas grand chose, principalement du rythme. Mais c'est là la grande force du breakbeat justement.
A noter aussi Minuteman, qui est un projet de Jon Gray et Nick Muir, qui l'eut cru?
Le deuxième démarre paisiblement du break limite ambient puis atmosphérique avec le remix sombre de PMT de "Wish you were here".
Hyper & Rhymes frappent à nouveau avec un remix d'un titre progressive du label Decipher de Mark Shimmon "Altitudes", qui avait lui-même remixé ce titre pour sa compilation "Decode" sortie l'année d'avant. Le rendu est évidemment très différent mais plutôt réussi.
Meat Katie et Dark Globe concocte un "Future abuse" très marqué par le style de celui-là.
Stir Fry et Stisch annoncent le monstre de ce set, "Smartbomb" remixé par les Plump à nouveau, qui doit être le meilleur remix de break d'un titre progressive... de tous les temps! voilà vous êtes prévenus, c'est un archi classique que BT n'a pas renié.
On atterrit en douceur sur "Brunt" puis "Radio Eins".
L'impression qui ressort de ce set est qu'il repose essentiellement sur "Smartbomb", les autres titres n'étant que des faire-valoir, c'est mon avis.
Première compilation très réussie ma foi, je l'apprécie encore des années après l'avoir achetée, plus encore que les "Y3K" du même Hyper car celle-ci est plus originale et personnelle dans la sélection.
En breakbeat, Hyper est une véritable référence.