Le CD doit-il nécessairement immortaliser toutes les soiréees d'opéra qui sommeillent dans les bandes sonores des radios? C'est la question que l'on est en droit de se poser après l'écoute de ce "Fidélio" donné à l'Opéra de Vienne en 1962.Ni Karajan,le maître d'oeuvre,ni la troupe parfaite des"troupiers"(Paskalis,Waechter,Berry,Kmentt-et deux interprêtes féminines d'exception-une Ludwig,terrorisée par le rôle de Léonore,mais qui arrive à le vaincre malgré quelques aigus hurlés et une toute jeunette de même pas 25 ans d'âge qui campe une Marzelline drôlement décidée et délicieuse vocalement-gundula Janowitz!!!),ne sont en cause.C'est Vickers,oui,le grand Vickers qui ce soir là,est défaillant.Le timbre de sa voix dès le "Gott"qui suit le prélude orchestral du deuxième acte est totalement méconnaissable et il devra lutter jusqu'au final contre un instrument rebelle.Chapeau bas,Monsieur l'immense ténor que vous êtes d'avoir crânement assuré et assumé votre rôle ce soir là,mais ,permettez que l'on continue de vous écouter dans l'enregistrement de studio réalisé cette même année sous la direction d'Otto Klemperer,ou de vous admirer dans le film de Pierre Jourdan (DVD disponible à l'étanger).Ce 6 août 1977,sous la voûte étoilée provençale,à Orange,vous fûtes tout simplement prodigieux!