Nous sommes là à l'écart de toute la médiocrité audio de notre époque ; nous revisitons ce que, naguère, toute nostalgie mise à part, nous savions faire, nous Humains, Musiciens, Techniciens, nous qui, à cette époque pas si lointaine, voulions de l'ampleur en lieu et place de la compression que, paraît-il, nous ne pouvons entendre.
Il est sûr qu'en ce monde de vitesse et de zapping, nous aurions beaucoup à gagner à redécouvrir ainsi et faire découvrir ce qui a existé, ce qui peut encore et toujours exister si l'on ne s'adonne pas à la complaisance, à la facilité de la reproduction polaroïd, kleenex du moment.
Nous avons là un Maître, un orchestre en pâte toujours chaude des doigts qui la pétrissent ; nous avons également des ingénieurs du son, amoureux égaux de la technique et de la musique, que dis-je, voulant être à la hauteur de cette onctuosité de ces grands qui réssucitent et font tenir dans notre salon, tout le monde spirituel de Mahler.
Comme je trouve les mots insipides en regard de l'impression, du ressenti, de l'écoute... Alors, il faut juste se taire, sans doute et écouter, caressant le voeu qu'enfin les consciences se réveillent de leur torpeur convenue pour que resplendisse encore et à jamais ce qui fut réussi, pour que la transmission s'opère, pour que l'héritage ravit les héritiers.
Bravo pour cette réalisation, en tout point. Le SACD procure l'émotion qui tutoie aujourd'hui le moment d'hier.
A consommer sans modération, mais sans excès boulimique : vous êtes au concert, voilà tout.
D. THOMAS