Il y a déjà plusieurs avis du même ordre que le mien, qui le rendent donc sans doute inutile, mais je ne peux résister à l'envie de vous faire partager ma découverte de cette interprétation. Je connais celles de Brendel, Arrau, Gulda, les dernières sonates par Pollini, et quelques autres, mais, bien qu'ayant toujours entendu parler de celle de Nat, je n'en avais pas fait connaissance, sans doute aussi un peu inquiet à l'égard d'enregistrements mono des années 50... Et ce que je découvre est stupéfiant de finesse, de dosage, de nuances, d'intelligence, d'élégance, de clarté etc, etc... Je serais tenté de multiplier les qualificatifs élogieux. C'est magnifique et donne l'impression d'être tombé sur LA version des sonates de Beethoven. Je me garderai pourtant bien de le déclarer péremptoirement, car ce genre de palmarès n'a guère de sens, mais ce que je peux dire, c'est que c'est souverain, et figure parmi les grandes intégrales. Quant au son, il est assez remarquable : pas ou peu de souffle, un son plein, mat, charnu qui n'a quasiment comme seul tort que d'être mono, ce qui n'a guère d'importance. Bien sûr, il y a quand même quelques défauts audibles, l'âge s'entend, mais la musique est bien là, et s'écoute sans être obligé de faire abstraction des ans...
Un monument qu'aucun amateur de Beethoven ne devrait ignorer...