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Par Savinien (Liège, Belgique) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 10 COMMENTATEURS)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Quatuor à cordes Op. 18, n° 6 - Quatuor à cordes n° 13, Op. 130 - Grande Fugue Op. 133 (CD)
Dans cette quatrième étape de leur cycle Beethoven, les Artémis nous proposent les deux quatuors en si bémol majeur : le sixième quatuor de l'opus 18, ainsi que le tardif quatuor op.130/133.Par leur jeu au relief naturel, à la fois souple et robuste, la formation allemande nous emmènent au bout des cinq mouvements de l'opus 18/6 à travers toute la diversité et la richesse de tons escomptées : tantôt délicieusement cantabile, tantôt bouillonnants, tour à tour raffinés et brillants, passants de la tristesse nostalgique au triomphe de la joie sur La Malinconia. C'est ensuite bien entendu le complexe opus 130/133, quatuor tardif en six mouvements, qui constitue le plat de résistance de cet album, avec le mouvement final fugué original voulu par Beethoven, qui fit l'objet de tant de commentaires depuis sa parution en 1826. (Rappelons que devant l'incompréhension suscitée par cette pièce novatrice, Beethoven publiera par la suite un autre « sixième mouvement » à visée plus commerciale, rebaptisant la pièce initiale du nom de Grande Fugue op.133.) Tout dans ce gigantesque quatuor procède à l'alternance et la confrontation : depuis la quête et la quiétude du mouvement initial jusqu'à la Cavatina toute intériorisée du cinquième, nous seront passés d'un état de tension frénétique à la sérénité immaculée, de l'esprit subtilement jovial à l'apaisement mystique. Jusqu'à l'aboutissement du mouvement fugué final : contrasté jusqu'à la démesure, himalayen dans sa construction, inaccessible dans son mystère. Les Artémis empoignent cette apothéose musicale avec toute leur puissance architecturale, traçant les lignes novatrices à grands coups d'archets comme autant de pinceaux sur une toile magique où l'intensité se dispute à l'énigmatique. Avec une rigueur implacable et une expressivité exacerbée, ils élaborent minutieusement l'enchevêtrement cyclique de la violence et du lyrisme, soulignant d'une seule voix le foisonnement complexe et la tension émotionnelle de cette oeuvre incroyablement fascinante et son essence inouïe de modernité. A la fin, on en redemande... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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