Le Quartetto Italiano se caractérise par un son charnu, épanoui et quasi symphonique (ceux qui voient dans le quatuor le genre de l'intime par excellence seront surpris), et par la beauté rayonnante et la cohérence de sa conception des oeuvres. Son intégrale Beethoven est une merveille bien connue du catalogue classique, qui peut se voir opposer d'autres conceptions (celle des Juilliard, par exemple) mais force toujours l'admiration. Qui peut résister à la lamentation du mouvement lent du 7e Quatuor, à la virtuosité des 9e et 10e quatuor, à l'introduction foudroyante du 12e, au 14e tout entier. On sent les quatuors de l'op. 18 tirés vers les oeuvres plus tardives, tant ces musiciens voient avant tout la pensée de Beethoven dans son unité, pensée dont ils exaltent sans relâche la force et la liberté intérieure.