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5.0 étoiles sur 5
Deux lectures extrêmes de l'Héroïque et la Pastorale, 6 septembre 2006
Fidèle à ses options décapantes, Scherchen évacue tous les points de repère habituels dans l'Héroïque.
Sa conception anti-architecturale s'oppose d'emblée aux monuments de Klemperer ou Furtwängler, et le refus du pathos nous emmène loin du pathos de Fricsay ou Karajan.
Sous sa baguette, la masse n'existe plus, seul compte le mouvement, dans une mobilité qui ne ménage aucun répit. Le scherzo en devient plus gymnique que jamais ; le con brio et le finale subissent un dépoussiérage salutaire.
La scansion des basses oriente le parcours sans jamais s'appesantir, les cordes et les vents fraient l'espace en zigzaguant comme des moustiques. Il subsiste une sonorité insaisissable par sa nervosité incessante et ses trajectoires virevoltantes.
L'adagio assai est en soi un manifeste : plus agité que recueilli, il pourrait décrire les pensées rageuses de Beethoven biffant la dédicace à Napoléon. Plus que les débordements sentimentaux, le chef en souligne l'humeur acariâtre, jusqu'à la rancoeur convulsive de la coda, avec ses cordes mates et ses timbales martelées.
Cet orchestre qui bourdonne comme une ruche surprendra les mélomanes qui ont découvert Beethoven sous les baguettes plus révérencieuses de Böhm ou Walter.
Si vous voulez vous remettre de ce choc esthétique, il existe un antidote : le contrapuntisme langoureux de Giulini avec la Philarmonie de Los Angeles.
Et si vous voulez récidiver, tentez de trouver les lectures forcenées que grava Fritz Busch au début des années 1950.
N'espérez pas de répit dans la Pastorale : dès les premières mesures, qui pourchassent plus qu'elles n'évoquent ces "impressions agréables en arrivant à la campagne" que revendique le sous-titre, vous serez fixé sur les outrages métronomiques que va subir la partition.
Voilà donc un disque à ne pas mettre entre toutes les oreilles. Comme toutes les interprétations extrêmes, on déteste ou on adore.
Mais en tout cas, il faut tenter l'expérience.
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5.0 étoiles sur 5
Hermann SCHERCHEN, grand interprète de Beethoven., 26 juillet 2010
Hermann SCHERCHEN, grand interprète de Beethoven.
Le chef d'orchestre allemand, Hermann SCHERCHEN (1891 - 1966) est une haute figure de la direction d'orchestre avec un très vaste répertoire. BEETHOVEN, fut à l'origine de sa vocation musicale à l'âge de 9 ans. Il aurait ensuite dirigé 253 fois les symphonies de Beethoven dont 54 fois la 7e !
Avant LEIBOWITZ, SCHERCHEN revient au tempi indiqués par Beethoven sur ses manuscrit. Le résultat est surprenant, puisque nous découvrons un autre Beethoven, à vrai dire...le Vrai ! En effet, le tempo est l'élément fondamental de la musique, il en est la vie, et son choix change radicalement la perception que l'on en reçoit. MAELZEL en 1817 ayant inventé le métronome, Beethoven pu ainsi indiquer avec une grande précision les mouvements de ses symphonies. D'autre part, le maître de Bonn, réputé pour sa virtuosité pianistique, n'avait cure des doléances des musiciens sur ses tempi.
La restitution digitale est très bonne pour des enregistrements des années de 1951 à 1954, avec l'opéra de Vienne. A consommer sans modération.
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