Naxos réédite ici deux célèbres témoignages de l'art de Bronislaw Huberman (1882-1947), repiqués d'après pressages Columbia.
Entre-deux guerres, la notoriété du violoniste polonais était mûrement acquise depuis qu'il avait joué à Vienne lors du concert d'adieux de la Patti en 1895, puis joué le Concerto de Brahms l'année suivante devant le compositeur.
Sa carrière gravitait autour de la capitale autrichienne depuis 1926 quand il grava la Concerto de Beethoven en juin 1934, avec la Philharmonie énergiquement guidée par George Szell.
Archet loquace, imaginatif comme personne (les cadenza !), intrépide mais capable de tirer les larmes aux yeux, nuançant les inflexions sans jamais perdre le fil : voilà une version anthologique par sa suprématie technique et son aisance discursive.
En cette même année, Huberman allait bientôt fuir la montée du nazisme austro-allemande, et refusa l'invitation de revenir se produire à Berlin.
En décembre 1928, il y avait gravé le Concerto de Tchaïkovski avec l'orchestre de la Staatskapelle sous la direction de William Steinberg, qui contribua avec lui à fonder l'Orchestre symphonique de Palestine en 1936.
Même au regard de l'abondante discographie engrangée pour cet opus depuis huit décennies, les phrasés étonnent toujours par leur farouche expressivité, leur fluidité scintillante, leur non moindre contrôle des lignes. Et leur célérité diabolique : écoutez le Finale !
A noter que les labels Pearl, Opus Kura et APR proposent ces mêmes versions dans d'autres couplages.