Ces concerts ont été enregistrés à Vienne de décembre 2008 à avril 2010 et ils ont été publiés naguère en BluRay. Thielemann est un chef très apprécié outre-Rhin. Il se dit admiratif des interprétations de Furtwängler, dont il se réclame comme représentant de la tradition germanique. Or, avec sa battue raide qui fait penser à une marionnette en bois, on est à l'absolu contraire de Furtwängler dont on possède quelques rares documents filmés. Et tout cela s'entend ! Une interprétation froide, des écarts de tempos invraisemblables (rubato et rallentendo) non justifiés et des variations d'intensité jetées çà et là, pour donner de la vie sans doute, mais sans y parvenir, très simplistes, dans le genre "je joue piano, je ralentis" et "je joue forte, j'accélère". Ainsi ni le tempo ni les nuances ne respectent la partition. Ces caractéristiques se retrouvent dans toutes les symphonies et au final (et même bien avant !), on s'ennuie terriblement devant une interprétation lourde et sans linéarité malgré la vigueur d'un Philharmonique de Vienne à l'effectif pléthorique, lequel parvient tout juste à placer quelques legatos bien à l'insu du chef. En bref, un raté total et prétentieux. On devra, dans l'idéal, revenir aux vraies sources, avec Furtwängler à Vienne dans ses derniers enregistrements de studio pour EMI, ou mieux encore dans des captations en public plus anciennes (pendant la guerre pour la plupart) à Vienne ou Berlin publiées sous des labels divers. Plus récemment, c'est sans hésitation avec René Leibowitz et le Royal Philharmonic que l'on trouve la meilleure lecture "moderne" de ces symphonies. Ensuite, il existe une palette immense d'intégrales très recommandables, voire nécessaires (Toscanini, Karajan, Schuricht, Bernstein, Böhm, Ansermet, Klemperer, Gardiner, Kleiber père et fils pour des extraits, Chailly dans sa récente édition avec le Gewandhaus de Leipzig ...). Le choix est immense et il est donc facile d'éviter Thielemann, pour le grand bien de Beethoven.