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55 internautes sur 58 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
L'Homme qui aimait les Femmes..., 19 août 2002
On nous a assez fait souffrir avec les Classiques en classe, avec leurs explications tordues et l'infinie lenteur des récits... Balzac, Flaubert, Hugo, Maupassant... Bref, tout de quoi dégouter le jeune lecteur, déjà peu enclin à la lecture. Puis, avec l'âge, on se plonge dans la littérature contemporaine - si tant est que nous n'ayions définitivement préféré la télé aux livres. Et là, même si les histoires fictives d'aujourd'hui s'avèrent passionnantes, on se rend compte qu'elles pêchent là où les classiques brillent : le style. User les mots justes, construire les phrases musicales, travailler une syntaxe dans le souci d'atteindre une certaine perfection littéraire... C'est à partir du moment où l'on recherche plus qu'une fiction qu'on retourne puiser les richesses du passé.Georges Duroy, fils de cabaretiers établis près de Canteleu, revient d'Algérie avec deux sous en poche. Arborant les rues de Paris, bombant le torse et défiant les passants de son regard insolent, il se jure de faire fortune et de devenir quelqu'un... Mais voilà, pour le moment, il est 19h, il a soif et il a juste de quoi se payer sa bière de 21h. Assailli soudain par son échec, Georges rencontre un ancien soldat qui a fait ses classes avec lui en Algérie, et qui semble avoir réussi : Charles Forestier, journaliste. Ce dernier lui propose de devenir gratte-papier pour son journal. C'est alors que commence pour Georges une spirale ascendante, où il sera irresistiblement poussé à la réussite, et ce, par un unique moyen : les femmes. Car s'il veut réussir, toutes doivent passer au minimum dans ses bras ! Bel Ami est un tourbillon. Un roman exceptionnel, d'une actualité indémodable et d'une richesse inépuisable. S'il est le meilleur des trop rares romans de Maupassant, c'est peut-être aussi parce que l'auteur peint un protagoniste qui lui ressemble : bel homme, avide de réussite, qui a voyagé, qui manie l'écriture et qui n'use jamais inutilement de son charme... Le dandy intelligent et rusé. Toutes les femmes, que Georges tombe, sont plus étonnantes les unes que les autres : Madeleine, avec sa froideur calculatrice ; Clotilde, avec ses charmes brûlants ; Mme Walter et sa totale dévotion et enfin Suzanne et son audacieuse espieglerie... On ne s'ennuie pas un instant et l'on se demande toujours si l'une d'elles saura freiner son insatiable ascension. Le style est parfait, dense, riche et pourtant rapide. Le phrasé ne peut que réconcilier avec la langue française, et l'on se prend à espérer que ce style ne s'est pas perdu avec le temps, et que nos écrivains savent écrire à la manière des grands classiques. Personne ne peut s'ennuyer à la lecture de cette oeuvre magnifique. L'édition est préférable en folio, car le dossier final et la préface sont de grande qualité. Le papier, comme pour la plupart des folios, est aussi très agréable sans que le prix soit moins abordable que les autres collections.
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