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4.0 étoiles sur 5
Un classique de Bunuel avec Deneuve, Piccoli, Pierre Clémenti et Bulle Ogier., 23 mai 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Belle de jour (DVD)
Un Bunuel finalement trés pudique (à l'image de Deneuve) qui signe une comédie de moeurs qui met en scène le "dévergondage" d'une jeune et belle femme bien sous tous rapport qui obéit à une pulsion mystérieuse et secrète..Cette comédie subversive à sa sortie ,que n'aurait pas renié Claude Chabrol, offre à Deneuve et Clémenti deux de leurs plus beaux rôles. A noter que Manuel de Oliveira a réalisé il y a peu une suite non autorisée de "Belle de Jour" avec Piccoli et Bulle Ogier..
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4.0 étoiles sur 5
Plante carnivore, 2 août 2010
Epouse insatisfaite, Séverine n'ose pas parler de ses fantasmes sexuels à son mari. C'est dans une maison de passe où elle n'est présente que quelques-heures l'après-midi - d'où son surnom de Belle de Jour - qu'elle pourra les assouvir, au mépris de toutes les conventions sociales.
Bunuel prouve avec ce film (comme avec tant d'autres) que l'âge n'a pas assagi le vieil érotomane. Plus surprenant sur le moment, le choix de Catherine Deneuve, jeune star auréolée de ses succès rose bonbon dans l'univers de Jacques Demy, qui prenant là un risque certain pour sa carrière. Sa classe un peu froide, très blonde hitchcockienne, fait merveille et lui (nous) permet de ne jamais tomber dans le graveleux. Femme soumise, femme aimant être brutalisée et humiliée, elle reste assez distante pour ne jamais être totalement "dégradée".
Ce film vénéneux est servi avant tout par ses interprètes féminines (Geneviève Page, Macha Méril, Françoise Fabian). Chez les hommes, c'est Michel Piccoli, dont toute la perversion est nichée dans la tête, qui s'en sort le mieux. Comme un reflet du surréalisme des jeunes années de Bunuel, on alterne scènes réelles et scènes fantasmées et d'autres dont on ne sait quelle part de rêve (de cauchemar ?) y intervient.
Un film qui reste dérangeant 45 ans plus tard... et excitant.
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3.0 étoiles sur 5
Seule avec son âme !, 16 juin 2011
Adapté d'un roman de Joseph Kessel, de l'Académie française, paru en 1928 ( ! ) et qui fit bien sûr scandale, cette réalisation de Luis Buñuel (avec la collaboration de Jean-Claude Carrière) qui fit scandale à son tour, bien que sortie en 1967, est présentée par 'Studio Canal' dans une version en couleurs (Eastmancolor) et 35mm entièrement restaurée (image et son).
L'histoire est connue : Catherine Deneuve (24 ans à ce moment-là), jeune et belle bourgeoise très bcbg, habillée pour la première fois par Yves Saint-Laurent (dont elle devint à partir de là le 'porte-bonheur' -une association qui fait évidemment penser à celle qui a uni Audrey Hepburn et Hubert de Givenchy-), mais surtout froide et mystérieuse, est la proie de ses fantasmes. Mariée à un médecin, Jean Sorel (Jean de Combaud de Roquebrune de son vrai nom, aussi beau qu'Alain Delon), elle est très amoureuse de son époux, mais totalement coincée au lit (d'ailleurs les deux tourtereaux, bien qu'ils dorment dans la même chambre, font ' lits séparés'). Hantée par de courts souvenirs de son passé (a-t-elle été violée enfant ?), perturbée par des rêves hautement masochistes, elle finit par se rendre dans une maison de rendez-vous tenue par la racée Geneviève Page secondée par l'étrange Muni (et avec aussi la magnifique Françoise Fabian dans le rôle de l'une des prostitués de cette maison), afin de s'y offrir à d'autres hommes (Francis « mes hommages de trois heures moins le quart » Blanche, François Maistre et Georges Marchal notamment) et ainsi se libérer de ses obsessions. Malheureusement pour elle, l'un de ses clients, l'intense Pierre Clémenti, va avoir une certaine incidence sur sa vie...
Avec aussi Michel Piccoli (riche, oisif et ambigüe) en marionnettiste, Macha Méril, Franscico Rabal, Bernard Musson et Marc Eyraud.
Menée à la baguette, la masochiste Catherine Deneuve, belle, mais pas vraiment 'incandescente', et qui, malgré le sujet à priori scabreux du film, ne montre pas vraiment grand-chose de son anatomie (tout juste la voit-on déambuler dans le château de Georges Marchal nue de dos sous un voile noir transparent), est parfaite dans son rôle, mais n'a guère dû faire 'frémir' que ceux qui, comme Alfred Hitchcock de son vivant, vibrent pour les beautés 'froides' dont la sexualité justement est toute intériorisée.
Ce qui reste intéressant dans le film, c'est l'illustration de fantasmes féminins reposant sur des témoignages de femmes recueillis par Buñuel et Carrière pendant la phase préparatoire du film. On peut d'ailleurs en voir un pendant contemporain plus 'décomplexé' dans la 2° saison du feuilleton télévisé 'Hard'.
Extrêmement académique malgré son immense succès international -mais c'était il y a longtemps...- (la 'morale' de ce film d'hommes étant que finalement, le mieux, pour une femme 'coincée' sur le plan sexuel, c'est de s'ouvrir à 'de nouveaux horizons' afin de mieux pouvoir 'aimer' son mari dans tous les sens du terme ; sauf que, justement, le 'coup' peut aussi partir en arrière), ce film connut d'ailleurs une suite récente (en 2007) réalisée par le Portugais Manoel de Oliveira sous le titre de 'Belle toujours' dans lequel Michel Piccoli retrouve toutes ces années après 'sa' 'Belle de jour' jouée toutefois par Bulle Ogier cette fois-ci.
Il existe également une version pornographique de ce film réalisée par Michel Ricaud en 1987, 'Belle d'amour', qui reprend tel quel l'original de Buñuel.
Et pour ceux qui aimeraient pouvoir voir cette histoire illustrée de manière moins académique, sans verser pour autant dans la pornographie, il existe également un film du journaliste François Jouffa, en l'occurrence 'La Bonzesse' avec Sylvie Meyer-Matton datant de 1974, qui pourrait tout à fait les satisfaire.
A noter : 'Belle de jour' est aussi le pseudonyme de l'héroïne du 'Journal intime d'une call-girl', le feuilleton télévisé britannique qu'interprète principalement Billie Piper (3 saisons déjà)
Bonus: un documentaire (en fait une suite d'interviews, dont une surtout de Jean-Claude Carrière) sur le tournage du film (30mn)
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