Patrick Pécherot a effectué un travail de recherche exceptionnel (enfin, on suppose !) pour retranscrire le "parlé" de l'époque où se déroule son histoire, c'est-à-dire dans le Paris de la fin des années 1930. C'est un régal que de se délécter de ses dialectes oubliés aujourd'hui. Le risque pour le profane (j'en suis !), c'est effectivement d'être largué dans la compréhension de certains passages. Mais c'est le seul pendant négatif. Car Pécherot parvient à nous plonger réellement dans l'ambiance de l'époque.
Outre son travail lexical, l'auteur s'est également inspiré de la période troublée d'alors qui présageait les atrocités de la Seconde Guerre Mondiale. En axant son histoire sur l'extrême-gauche en lutte contre le franquisme espagnol, Pécherot en profite pour donner un petit cours d'Histoire, en mélangeant la petite (celle du détective privé, un rien anar) et la grande (l'arrivée du fascisme italien, du nazisme allemand et les dérives du stalinisme soviétique).
Ce mélange rend particulièrement fascinant l'intrigue. Toutefois, à trop multiplier les lieux, les personnages, les histoires sous-jacentes, on finit par se perdre de temps à autre. Le roman est tellement riche que cela devient presque son principal défaut au final. Chacun se fera sa propre opinion dessus, mais une chose est sûre : Pécherot écrit très bien et je vais me plonger rapidement dans ses autres livres !