Depuis 2007, The Pains of Being Pure at Heart se compose du chanteur Kip Berman, de la claviériste Peggy Wang et du bassiste Alex Naidus, vite rejoints par le batteur Kurt Feldman. Par sa mélancolie et son romantisme à fleur de cordes, leur premier disque éponyme a fait son petit effet.
Or, après avoir été désigné comme le fleuron de la new wave millésimée 2.1, le groupe
made in Brooklyn change son fusil d’épaule pour un second album très attendu. Lequel s’avère autant déroutant que familier à l’oreille. Ici, ce ne sont pas seulement les fantômes shoegaze de My Bloody Valentine qui sont convoqués, mais aussi les débuts massifs des Smashing Pumpkins. Cela tombe bien, c’est Flood et Alan Moulder qui assurent la production dans les règles nostalgiques de l’art. Pour rappel, le premier a travaillé avec Sigur R
ós, 30 Seconds to Mars, U2 et Depeche Mode tandis que le second est connu pour avoir planché sur les Yeah Yeah Yeahs, Them Crooked Vulture, et, justement, My Bloody Valentine. Cerise sur le gâteau, les deux ont produit le fameux Mellon Collie and the Infinite Sadness (1995) des… Smashing Pumkins.
Débarrassée de sa rivale de boîte à rythmes, la batterie est plus lourde que d’habitude. Les chœurs, eux, sont neurasthéniques, doublant un chant toujours ému, perdu quelque part dans les nuages. Les guitares sont ultra saturées, les synthétiseurs très romantiques… et le tour est joué. C’est avec délices qu’il faut écouter Belong, qui, malgré toute la mélancolie de ses textes, s’avère une potion vitaminée à souhait. Le morceau éponyme ouvre avec efficacité l’album, faisant le pont entre le premier et le second disque du groupe. Le bien-nommé « Heaven’s Gonna Happen Now » sème encore le doute avant que ne déboule « Heart in Your Heartbreak », à la fois typique de The Pains of Being Pure at Heart et inédit dans leur répertoire habituel, davantage éthérée. Plus tard, la voix post-adolescente de Kip Berman s’affirme résolument sur « Girl of 1.000 Dreams ». Enfin, c’est le rock brumeux et onirique de « Strange » qui clôt l’album en toute beauté.
Il n’est pas aisé de gagner en assurance sans perdre en spontanéité. Mais, sans doute grâce à l’appui du duo Flood/Moulder, The Pains of Being Pure at Heart a encore plus confiance en lui, et se permet un album dense, aux reins solides, sans pour autant perdre de sa finesse et de son émotion. Et, s’il flirte toujours avec les démons du passé, il regarde droit devant lui.
Sophie Rosemont - Copyright 2012 Music Story