Blague à part, Didier a bossé. Finit les approximations lo-fi du premier album, et l'interprétation à côté de remake "pour les vieux". Il sert son folk-punk concocté aux petits oignons (moisis) sur un plateau d'argent (moche). Evidence dès l'ouverture, hilarant et d'une méchanceté sans borne, "Comme un enfant au Brésil", où les bidouillages électro-cheap viennent orner les riffs keupon, avec une boite à rythme débile au détour d'un pont simplement stupéfiant "Et toi le p'tit chinois, qui bosse à l'usine, tu es vraiment inconséquent; ton contrat d'travail, tu l'négocies tellement mal, que du coup ça s'répercute sur mon système social". Didier à donc bossé ses mélodies, du reggae mâtiné de refrains punk "A bas les gens qui bossent", digne successeur de "Sois feignant" de Coluche, chanson pop lounge aux allitérations neuneus "Trique Trouille", power ballade ignoble avec saxo 80's dégoulinant "Chanson qui va avec la bonne blague" , chanson d'amour suave un peu r'n'b, un peu metal au refrain tout en subtilité (et langue de belle-mère) "Rebecca Duhamel" (déjà, rien que le nom...). Avec des intros ou des codas tirés de ses spectacles live, histoire de l'entendre malmener gentiment (jamais de cruauté dans le fond chez le bonhomme) son auditoire. Didier Super ose tout, même une reprise de la chanson des Choristes, version punk à chien. Car c'est du punk, grosses guitares pleines de disto (si l'intermittent à la console veut bien), "J'ai pas trouvé de titre à celle-là", mais aussi micro trouvailles géniales "Putain d'chinois", portrait féroce du jeune fils de riche et de son T-shirt "Anarchie" qui coûte 300 balles, "Petit anarchiste", chanson de Noël chinoise "bonus" après une de ces plages de silence exaspérante tellement en vogue à une époque "Plage où y a rien (à part la fin)". Didier Super passe de l'observation fine et de la formule qui tue à un absurde presque enfantin, à une méchanceté tellement outrée qu'elle ne peut que susciter un grand éclat de rire, comme cette "Petite chanson dunkerquoise", qui plaira à toutes les féministes sans humour. Rien ne passe à travers les balles de Super, à l'image de ce génial "Le nouveau président", juste et hilarante à tout niveau, y compris quand elle se retourne comme un gant à la fin pour un final bien démagogique, comme annoncé dans l'intro. Pour paraître bête à ce point, il faut être très intelligent...