Norman Granz, producteur du label Verve, est parvenu à réunir les plus grands jazzmen de son époque pour leur faire enregistrer de splendides albums. Après "Soulville" (1957), il convoque de nouveau en novembre 1959 le saxophoniste ténor Ben Webster et le désormais légendaire trio d'Oscar Peterson (ce denier étant au piano, Ray Brown à la basse et Ed Thigpen à la batterie,) "Ben Webster Meets Oscar Peterson". La recette éprouvée dans les précédents albums fonctionne ici encore : sept standards nous sont donnés à entendre qui alternent régulièrement entre swings ("The Touch Of Your Lips", "Bye-bye Blacbird", "Sunday" et This Can't Be love") et ballades ("When Your Lover Has Gone", "How Deep Is The Ocean", "In The Wee, Small Hours In The Morning) , certains morceaux mélangeant agréablement les deux styles ("The Touch of Your Lips" ou "Bye-bye Blackbird"). Contrairement à Soulville, Ben Webster ne tire pas la couverture à lui et laisse les membres du trio s'exprimer largement dans de splendides solos (Oscar Peterson démarre tous les morceaux et alterne avec Ben Webster les moments de bravoure, Ray Brown réalise un prodigieux solo de basse dans "When Your Lover Has Gone"). Les esprits chagrins rétorqueront que ce jazz n'a rien de novateur mais le plaisir d'entendre ces quatre musiciens jouer de manière si communicative ne nous quitte.