Un T, mais un seul, pour ne pas confondre Blur et Blurt tant les deux groupes n'ont rien à voir entre eux ! Là où Blur poppise, Blurt déchire. La recette blurtienne ? Mobilité, vivacité, vélocité, alliées à cette force de frappe, trait de caractère (fortement trempé) de la formule trio (remember Johnny Burnette, Minutemen, Fish and Roses, Jam, Thin Lizzy, etc.) affichant ici l'artillerie batterie-guitare-sax et voix. Pas de basse où s'ancrer au sol, ici tout est affaire de voltige : punk-funk disait-on dans les années 80 qui virent les grandes heures de Blurt qui n'avait pas son pareil pour remuer les foules des clubs et petites salles de la décennie punko-new wave ; Ted Milton, grand échalat de leader à la mode prêcheur défroqué y fauchait les premiers rangs des hoquets de son sax alto, danseur de Saint Guy sur mélodies harponnées par une guitare et une batterie convulsives. Ce "best of", volume 2, reprend l'histoire du groupe où l'avait laissée le précédent volume 1, c'est à dire en compilant des titres extraits de la nombreuse mais désormais pratiquement indisponible discographie du groupe. Tout y est excellent, jubilatoire, drôlatique, furieusement dansant, d'un avant-gardisme peint aux couleurs de cet humour very british, fortement baigné de non sens.
Non sens ? Bon sang, oui !