Les cent dernières années ont vu la composition de plusieurs cycles de symphonies de très grande qualité, depuis celui de Guy Ropartz (1864-1955) à celui de Kalevi Aho (né en 1949), en passant par celui de Carl Nielsen (1865-1931), d'Alexandre Glazunov (1865-1936), de Jean Sibelius (1865-1957), de Wilhelm Peterson-Berger (1867-1942), de Charles Tournemire (1870-1939), de Ralph Vaughan Williams (1872-1958), de Hugo Alfvén (1872-1960), d'Havergal Brian (1876-1972), de Jan van Gilse (1881-1944), de Karl Weigl (1881-1949), de Nikolaï Miaskovsky (1881-1950), de Georges Enesco (1881-1954), de Gian Francesco Malipiero (1882-1973), d'Arnold Bax (1883-1953), d'Egon Wellesz (1885-1974), d'Heitor Villa-Lobos (1887-1959), d'Ernst Toch (1887-1964), de Kurt Atterberg (1887-1974), de Bohuslav Martinü (1890-1959), de Serge Prokofiev (1891-1953), d'Arthur Honegger (1892-1955), de Darius Milhaud (1892-1974), d'Erwin Schulhoff (1894-1942), de Walter Piston (1894-1976), de Paul Hindemith (1895-1963), de Boris Lyatoshinsky (1895-1968), d'Howard Hanson (1896-1931), de Richard Flury (1896-1967), de Roger Sessions (1896-1985), de Jean Rivier (1896-1987), d'Alexandre Tansman (1897-1986), de Roy Harris (1898-1979), de Marcel Mihalovici (1898-1985), de Carlos Chávez (1899-1978), de George Antheil (1900-1959), d'Ernst Krenek (1900-1991), d'Edmund Rubbra (1901-1986), de Conrad Beck (1901-1986), de Vissarion Chebaline (1902-1963), de Gavriil Popov (1904-1972), de Karl Amadeus Hartmann (1905-1963), d'Eduard Tubin (1905-1982), de William Alwyn (1905-1985), d'Eugène Bozza (1905-1991), de Benjamin Frankel (1906-1973), de Dmitri Chostakovitch (1906-1975) bien sûr, mais aussi de Paul Creston (1906-1985), d'Arnold Cooke (1906-2005), d'Ahmed Adnan Saygun (1907-1991), de Camargo Guarnieri (1907-1993), de Miloslav Kabelác (1908-1979), de Vagn Holmboe (1909-1996), de William Schuman (1910-1992), d'Allan Pettersson (1911-1980), d'Alan Hovhaness (1911-2000), de Donald Gillis (1912-1978), de Daniel Jones (1912-1993), d'Humphrey Searle (1915-1982), de David Diamond (1915-2005), d'Isang Yun (1917-1995), de Richard Arnell (né en 1917), de George Rochberg (1918-2005), de Lex van Delden (1919-1988), de Cláudio Santoro (1919-1989), de Mieczyslaw Weinberg (1919-1996), de Galina Oustvolskaïa (1919-2006), d'Alexander Lokshin (1920-1987), de Peter Racine Fricker (1920-1990), de Robert Simpson (1921-1997), de Malcolm Arnold (1921-2006), d'Hans Werner Henze (né en 1926), d'Einojuhani Rautavaara (né en 1928), d'Avet Terterian (1929-1994), de John Davison (né en 1930), d'Aubert Lemeland (né en 1932), de David Morgan (né en 1932), de Krzysztof Penderecki (né en 1933), d'Alfred Schnittke (1934-1998), de Peter Maxwell Davies (né en 1934), de Philip Glass (né en 1937), de Valentin Silvestrov (né en 1937), de William Bolcom (né en 1938), de Boris Tishchenko (né en 1939), de Leif Segerstam (né en 1944), de Péteris Vasks (né en 1946), ou bien encore de Jean-Claude Wolff (né en 1946), sans compter de nombreux chef-d'oeuvres isolés. La Sinfonia (Symphonie, en italien) que nous a laissé Luciano Berio est incontestablement l'un des plus grands chef-d'oeuvres de ce genre musical traditionnel.
Luciano Berio est né en 1925 à Oneglia (Italie). Son père et son grand-père étaient organistes, et lui apprirent le piano. De 1946 à 1951, Luciano Berio étudia au Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan, où il eut en particulier comme professeurs Giulio Cesare Paribeni (1881-1964) et Giorgio Federico Ghedini (1892-1965). C'est à cette époque qu'il découvrit les compositeurs de la seconde école de Vienne, Arnold Schönberg (1874-1951), Anton Webern (1883-1945) et Alban Berg (1885-1935), mais aussi Béla Bartók (1881-1945), Igor Stravinski (1882-1971), Darius Milhaud (1892-1974) et Paul Hindemith (1895-1963). Blessé à la main, il ne put continuer ses études de piano, et gagna un temps sa vie comme accompagnateur de classes de chant. En 1951, il se rendit aux États-Unis à Tanglewood pour étudier avec Luigi Dallapiccola (1904-1975), qui poussa son intérêt vers les principes du sérialisme. Il participa également aux Ferienkurse für Neue Musik à Darmstadt, où il fit la connaissance de György Ligeti (1923-2006), de Pierre Boulez (né en 1925), de Karlheinz Stockhausen (1928-2007) et de Mauricio Kagel (1931-2008). Il commença alors à s'intéresser à la musique électronique, et fonda en 1954 à Milan le « Studio di Fonologia musicale » avec Bruno Maderna (1920-1973) et Luigi Nono (1924-1990) ; il y invita de nombreux compositeurs, tels John Cage (1912-1992) et Henri Pousseur (1929-2009). En 1960, il retourna à Tanglewood et, à l'invitation de Darius Milhaud, devint professeur en 1962 au Mills College à Oakland, Californie. À partir de 1965, il enseigna à l'université Harvard et à la Juilliard School of Music, où il fonda en 1967 le Juilliard Ensemble. En 1972, il retourna en Italie pour s'installer à Rome, puis, de 1974 à 1980, il fut directeur du département d'acoustique de l'IRCAM à Paris et, en 1987, fonda à Florence le « Tempo Reale », un centre de même orientation que l'IRCAM, avant, de1994 à 2000, de devenir compositeur en résidence à Harvard. Il est mort en 2003 à Rome.
Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter quatorze « Sequenza » pour divers instruments solistes, des oeuvres pour bandes magnétiques, dont « Thema (Omaggio a Joyce) », « Momenti » et « Chants parallèles », « Due pezzi » pour violon et piano, « Musica leggera, canone permoto contrario e al roverscio, con breve intermezzo » pour flûte, alto et accompagnement de violoncelle, un Quatuor à cordes, « Sincronie », « Notturno » et « Glosse » pour quatuor à cordes, « Linea » pour deux pianos, Marimba et Vibraphone, un Concertino pour claviers, violons, violoncelle, harpe et cordes, un Concerto pour piano et orchestre, « Ritorno degli snovidenia » pour violoncelle et orchestre, un Concerto pour deux pianos et orchestre, une Sinfonia, plusieurs oeuvres dramatiques, dont « Passagio », « Laborintus II », « Opera » et « Recital I (for Cathy) », « Epiphanies » pour orchestre et voix de femmes, un Magnificat, « Coro » pour quarante voix et instruments, « Shofar » pour choeur et orchestre, « Folk Songs » pour petite formation instrumentale et voix, « El mar la mar », ou bien encore « Quatro canzoni populari » pour piano et voix de femme.