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Au premier plan de ces manifestations, la résurrection de son premier opéra Benvenuto Cellini dans sa forme originale en décembre 2003, que cet enregistrement reprend.
Benvenuto a connu plusieurs versions, afin de prendre une forme susceptible de trouver son public, mais la partition en a été dénaturée.
Nous retrouvons ici un harmonieux et savant mélange de la version originale augmentée de corrections judicieuses des versions suivantes. Et pour la première fois cette ½uvre extraordinaire retrouve toute sa cohérence.
De cet opéra nous avions un seul enregistrement studio (Colin Davis) et quelques live (Pritchard, Ozawa, Caldwell) qu'il fallait se battre pour trouver. Ce nouvel enregistrement se place résolument en tête de classement et il est assurément le miracle que nous attentions.
John Nelson conduit admirablement l'Orchestre National de France et rend hommage au feu d'artifice d'une partition d'une richesse d'orchestration inouïe.
Pour la première fois au disque nous pouvons entendre un ch½ur francophone et cela fait toute la différence : Benvenuto est le premier opéra sur la foule, Moussorgski et Wagner retiendront cette leçon ; le Ch½ur de Radio-France fait un travail admirable, chaque mot est clair, chaque réplique pleine de vie.
La distribution également est extraordinaire, si on peut regretter que Kunde n'ait pas le timbre capiteux d'un Gedda, d'un Kraus ou d'un Vickers, il est assurément un grand Cellini, vocalement insolent, romantique et bouillant (tel que ce double de Berlioz doit l'être.)
Le chant de Ciofi est passionnant, elle a la fraîcheur de Teresa, et cisèle ses récitatifs et ses airs avec un art précis et charmant ; le retour de l'air original de Teresa apporte un souffle unique à l'ouvrage, c'est une très belle page de Berlioz qu'il était aberrant de ne pas entendre, et Ciofi y apporte la profondeur comme la gaîté nécessaire.
Naouri livre son talent de diseur à Balducci dont nous retrouvons également l'air perdu : il y est simplement parfait.
Lapointe apporte un supplément d'âme à Fieramosca, rôle difficile pour un baryton ; il lui offre de vrais moments de noblesse, tout en respectant le côté comique du personnage.
Le pape de Delaigue manque parfois un peu de la noblesse et de l'ampleur vocale qu'ont pu lui conférer Soyer ou Ward mais il exploite davantage la noirceur du personnage, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose.
L'Ascanio, vif et drôle et vocalement impeccable de di Donato achève un casting impressionnant et globalement impeccable.
Le reste de la distribution, francophone, est sans faille.
Cet opéra romantique au possible, est entièrement compris et rendu, par moments tumultueux, enlevé, tendre, puissant et léger, c'est une réussite absolue à conseiller sans restriction à tous ceux qui ignoraient ce bijou de la production berliozienne.
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