... puisque la fiche renseignements d'Amazon est COMME D'HABITUDE indigente, complétons-la : Susan Graham chante Didon, Anna Caterina Antonacci Cassandre, Renata Pokupic Anna, Gregory Kunde Enee, Ludovic Tézier Chorèbe, Laurent Naouri Narbal. Arrivé là, on a déjà presque tout dit. Rajoutons J.E Gardiner aux commandes de l'Orchestre révolutionnaire et romantique et le Monteverdi Choir pour enfoncer le clou : oui, c'est une bonne version sans gros défauts et avec des parti-pris justifiés quant à la mise en scène de Yannis Kokkos.
Exit donc les décors réalistes d'architectures antiques, lourds et écrasants : ils sont dessinés sur une toile de fond, intelligemment suggérés sur scène par des maquettes d'une autre dimension qu'humaine. La présence d'un miroir agrandit l'espace intelligemment. Quelques projections vidéos ajoutent une touche de fantastique. Le ballet est bien négocié et de bon goût. Les costumes synthétisent les époques antique et contemporaine là encore avec tact : après tout, il vaut mieux les voir crédiblement habillés ainsi que ridiculement en épaisses armures et jupettes grecques.
Quant aux chanteurs, malgré la distribution internationale, l'inscription des sous-titres devient presque inutile : assez rare pour le souligner ! Même les rôles moins importants assurent au niveau vocal (un plus pour Laurent Naouri à la superbe profonde voix veloutée de basse). La soprano italienne A.C. Antonacci vous marquera la mémoire auditive et visuelle : fabuleuse tragédienne, elle tient à elle toute seule l'Acte I, vocalement et scéniquement.
Le choix instrumental d'époque de J.E. Gardiner est largement justifié dans un documentaire très bien étayé d'exemples reprenant des extraits de la représentation. Du bel ouvrage, à n'en pas douter.