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Commentaires client les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Ceux qui aiment un Berlioz cru, bouillant et sulfureux seront certainement déçus par cet album...,
Par Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (COMMENTATEUR N° 1)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Berlioz : Symphonie Fantastique ; Roméo et Juliette (CD)
..., maillon faible d'une collection qui honore les soixante-dix ans de Riccardo Muti. Ces enregistrements de 1984 proposent en effet une approche essentiellement lyrique, lisse et apollinienne : un angle partial, réducteur, voire fallacieux.Dans la "Fantastique", le chef napolitain désamorce les conflits, calme le jeu et diffuse un romantisme serein. Pour les "Rêveries et passions", « on ne retrouve ni l'émotion de Munch ni le naturel de Barenboïm » estimait Jean Roy dans le magazine Diapason en septembre 1985. On appréciera l'extrême finesse et précision des cordes qui peaufinent le Piu mosso (1'45). Leur prosodie tend à l'osmose, même dans les passages staccato : aux mesures 196-231 (8'54-9'19), l'unisson des archets n'a rien de ce ricanement sardonique qui nous ferait trembler. Le texte est joué avec la reprise de l'Allegro agitato (mesures 72-165) à 7'00. On se délectera de ce "Bal" en tulle et mousseline, valsant avec une gracieuse fluidité sur un parquet lustré : l'exquise onction des violons à 0'37, la clarinette soyeuse qui nimbe le poco ritenuto à 5'04... Légèreté, fluidité, célérité permettent de respecter l'exact tempo (noire pointée = 60). A-t-on souvent entendu une "Scène aux champs" aussi paisible ? Quitte à museler les saillies dramatiques des violoncelles-contrebasses à la mesure 87 (6'57), à freiner l'irruption du martèlement de timbales (106, 8'09)... Comparé à l'agreste motricité d'un Cluytens, les triple-croches après 131 (10'00-) s'emmitouflent dans la friction ouateuse des cordes graves ; le chant aquarellé des violons 2 nous promet les délices de Capoue... Aucune noirceur pour l'orage final, qui tonne lointainement dans un ciel de traîne. Luxe et brio nous présentent une "Marche au supplice" en grand apparat, menée par la parfaite coordination des timbaliers. Bassons un peu trop mielleux à 1'18 ? Les trompettes sonnent ensuite avec chaleur et majesté, les trombonistes grognent pour essayer de nous faire peur. Cette sordide conduite à l'échafaud devient alors une parade triomphale, une sorte de Scherzo pré-brucknérien. Idem pour le "Songe d'une Nuit de Sabbat" : techniquement irréprochable ! Ainsi la clarinette s'entend distante à 1'32, comme prévoit la partition mesure 21. Le grotesque cortège pépié par les bois (1'50) s'anime avec une adéquate verdeur. La Ronde des sorcières (5'21) transparaît en toute clarté polyphonique. L'orchestre de Philadelphie nous rappelle ainsi qu'il compte parmi les meilleurs du monde mais sa démonstration banalise les audaces du langage berliozien. Qui s'inquiétera donc de ce Dies Irae ponctué par des cloches fatiguées ? Pourquoi engluer cors et trombones dans le legato à 147 (3'54) ? Muti astique les fastes d'un cérémonial où la férocité, la démonologie se rédiment sur les planches d'un théâtre protocolaire. Globalement, voilà une interprétation somptueuse, soigneuse, mordorée, mais plutôt euphémistique, oscillant entre académisme et bel canto. Un peu trop ténue, la prise de son de Michael Sheady manque de consistance. Comme le signale Rémy Louis dans le Diapason d'octobre 2011 (page 77), un certain esprit cherubinien semble imprégner cette exécution. Quant à "Roméo et Juliette", « l'élégance, la nuance ciselée, la plastique orchestrale impeccable sont contrebalancées par une certaine neutralité du ton, une flamme trop contenue ». Certainement imprégné par le drame shakespearien (il grava la même année à Covent Garden "Le Capuleti e i Montecchi" de Bellini), le maestro italien n'y réagit pourtant que par une direction impersonnelle et sans âme. Dès la frénétique introduction, on sait que son virtuose orchestre américain assouvira toutes les exigences de l'oeuvre. Il saura nous éblouir par la réconciliation finale devant le funeste tombeau. C'est plutôt le style qui fait défaut. Les sentiments erratiques qui doivent lanciner la "Tristesse" du jeune héros semblent bien anecdotiques. Le fantasmagorique Scherzo de la Reine Mab semble un peu terne. La Scène d'amour, une des plus nobles et complexes architectures psycho-affectives du répertoire romantique, manque ici de perspective et s'égare dans l'insignifiance malgré la subtilité des timbres instrumentaux. Muti reste plus à son affaire dans les épisodes ostensibles : le tumulte du Bal, la douleur des "Dernières angoisses et mort des deux amants". Bonne prestation du Westminster Choir, agréablement spatialisé quoique sa diction liquide laisse à désirer (« jetez des fleuls »...) Parmi les solistes, on savourera surtout le velours vocal de Jessie Norman. Dans la même décennie, la version de James Levine à Berlin se montrait plus convaincante. Dans l'absolu, parmi celles que je connais, ma préférence va à cet extraordinaire témoignage radiodiffusé de Charles Munch. Et pour les extraits symphoniques, Dimitri Mitropoulos (CBS, 1952) et Lorin Maazel (Deutsche Grammophon, 1957). Le livret ne présente pas les oeuvres, mais inclut un essai sur le style de Muti, curieusement intitulé « à la recherche du réel ». Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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