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Sir Thomas Beecham dirige une interprétation lyrique et théâtrale de la "Fantastique", 9 décembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Berlioz : Symphonie Fantastique / Ouverture du Corsaire / Les Troyens, pièces symphoniques (Coll. Great Recordings Of The Century) (CD)
Sir Thomas Beecham se distingua comme un ardent défenseur de la musique française, en particulier de Hector Berlioz, dont il divulgua "Roméo et Juliette", "L'enfance du Christ", le "Te Deum", ou la "Damnation de Faust" à un public britannique qui les connaissait alors si peu, tandis que le "Carnaval romain" était un de ses bis préférés pour enthousiasmer les salles.
Bien qu'il inscrivit la "Symphonie fantastique" à son répertoire dès 1915 (la jouant à Londres, Manchester, mais aussi Philadelphie, Berlin ou Sydney !), il ne l'enregistra que fort tard : au crépuscule de sa longue carrière, avec l'orchestre de la Radiodiffusion française dont la facture instrumentale préservait une identité sonore typiquement idiomatique.
Une première session fut ainsi confiée aux micros d'EMI en 1957 puis quelques mois plus tard, en novembre-décembre 1959, afin de profiter de l'apport technique de la stéréophonie naissante.
Nous retrouvons ici cette seconde mouture, captée dans l'ample acoustique de la salle Wagram, qui ouvre un espace panoramique seyant idéalement à l'approche large et lyrique du chef anglais.
A rebours de tant de versions qui exacerbent les relents hystériques de cet opus, il est particulièrement délectable d'écouter son art de faire respirer calmement les phrases (romantisme spleenétique des "Rêveries et passions", élégance du "Bal" brassé large), de déployer patiemment le tableau bucolique de la "Scène aux champs", d'échafauder l'aplomb et la densité polyphonique de la "Marche au supplice", d'éveiller les fantasmagories du "Songe d'une nuit de sabbat"...
En privilégiant une telle narration, Beecham n'oublie pas que ces « épisodes de la vie d'un artiste » peuvent se mettent en scène comme une oeuvre digne du grand théâtre.
Tout aussi éloquents, les compléments de programme nous font entendre le Royal Philharmonic Orchestra (qu'il avait lui-même constitué après la guerre) dans l'Ouverture du "Corsaire" et deux extraits des "Troyens" : l'alliance de pompe, de dignité, de poésie et d'humour manifeste une éloquente illustration du style sans pareil de cette baguette.
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