Une jolie présentation, un livret passionnant qui vous met l'eau à la bouche. Il faudrait ne pas aller plus avant car il y a loin de la coupe aux lèvres. Une fois passée la surprise des couleurs instrumentales, des timbres fruités des bois, que reste-t-il ? Une impression de partition jouée note à note, comme ânonnée, sans but, sans signification. Point de grands sentiments et encore moins de passions dans le premier mouvement aux couleurs monteverdiennes; un Bal qui fait très flonflon de kiosque (poum-pa-pa, poum -pa-pa); une Scène aux champs soporifique avec de belles timbales mais sans aucune atmosphère dorage, et une Marche au supplice qui fait du sur-place! Il faut attendre le Songe dune nuit de Sabbat pour que les choses bougent un peu, que le tempo s'accélère, que la vie enfin se fasse sentir (il y a donc une vie après la mort !), avec des graves de pianos percussifs étonnants en place des habituelles cloches. Mais sinon je n'avais jamais ressenti la Fantastique à ce point longue et interminable. Les instrumentistes n'ont donc rien ressenti à part la curiosité esthétique? Qu'est devenue la révolution romantique de 1830 ? Un travail de musicologie malheureusement inabouti, une version sans interprétation, à limage de la pochette, squelettique et sans vie. Alors retrouvons vite Colin Davis (1 et 2), Monteux, Munch et Markevitch, surtout dans sa version berlinoise (DG mono superbe !) qui se souvient de Haydn et annonce le Sacre de Stravinsky.