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Rarement les liminaires "Rêveries" y auront-elles semblé si mystérieuses, sublimées, verlainiennes, bruissant d'un amour tristanesque -avec des moments de pure magie à contempler aux mesures 49-63 (4'35-5'55)
Selon le métronome : un envoûtement qui embaume la noire à 45 au lieu de 56. Avec une blanche à 127, Karajan se rapproche ensuite du tempo requis pour l'Allegro agitato qu'il enrôle avec une autorité beethovénienne : voilà des passions fortes mais cossues, qu'étoffe un Berliner Philharmoniker à son plus opulent.

Sous les mêmes luxueux atours, quel autre orchestre égalerait la magnificence de ce "Bal" ? Impérial, fastueux, pourtant dirigé sans mollesse (six minutes). Une valse de têtes couronnées, là encore une parure instrumentale en diadème et manteau d'hermine.

On imagine alors le raffinement, la préciosité, l'onction dont bénéficie la "Scène aux champs", sous cette baguette absorbée par la célébration d'une églogue entre chiens et loups.
Dans l'épisode "poco animato", l'apparition de l'idée fixe culmine sur ce foudroyant roulement martelé par le timbalier allemand (mesure 106, 8'33-8'40) : le compositeur souhaitait certainement un tel effet quand il y prescrivait l'usage de baguettes de bois.

Puis cette exécution de la "Marche au supplice" donne tout son sens à l'adjectif « superbe », tellement glorieuse qu'elle contredit presque le contexte de parodique procession vers l'échafaud.
Mais quel lustre, quel éclat pour les trompettes !

Pour le "Songe d'une Nuit de Sabbat", Karajan conjoint lenteur et noirceur, concilie hiératisme et étrangeté, réussissant ainsi à inquiéter sans racolage ni panoplie autre qu'un pourpoint de ténébreux inquisiteur.
On notera la raucité de ces cloches tintant du sépulcre pour rythmer le Dies Irae. Mesure 21 (1'32-), on observera que la clarinette résonne ici véritablement dans un espace lointain, comme spécifie la partition.

Reconnaît-on totalement Berlioz dans ce type d'interprétation postromantisée ? Dans ce manoir décadent dont l'imaginaire se situe entre Edgar Poe et Thomas Mann ?
Sinon, excusez-moi d'avoir succombé au magnétisme exercé par le maestro autrichien, qui déjà m'avait fasciné dans sa première version gravée en 1954 avec la somptueuse ressource sonore du Philharmonia.
Je l'avoue d'autant plus sincèrement que ce chef ne m'a par ailleurs jamais vraiment convaincu dans le répertoire français, quand il l'inféode à des esthétiques artificieuses.

En complément de programme, on trouve le "Ballet des sylphes" et le "Menuet des Follets" captés en septembre 1971 : l'unique enregistrement de ces pages par Karajan.
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5 sur 6 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
J’ai lu qu’avec une version ultérieure de la Fantastique, Karajan s’était attiré les foudres de la critique française, qui en rate rarement une quand un interprète qui n’est pas né sur les bords de la Loire se mêle de jouer les champions nationaux. Ach ! Trop allemand ! Trop léché ! Le pauvre, il n’y comprend rien.

Certes, Karajan, qui était autrichien et non allemand, a pu donner à l’occasion une Mer complètement léthargique qu’on n’aura guère envie de réentendre. Mais le présent enregistrement avec la Philharmonie de Berlin (1964) n’est pas seulement un éblouissant disque d’orchestre.

Karajan, avec sa direction raffinée, ses pianissimi murmurés, la sensualité ténébreuse de son art, met en valeur ce qu’on pourrait appeler la part baudelairienne de cette musique. Oh je sais bien, les Fleurs du Mal (première publication en volume 1857), c’est très postérieur à la Fantastique (1830, révisée ensuite). Mais chaque art évolue à un rythme qui lui est propre : comme quelques vers des Fleurs du Mal ont fait vieillir des kilomètres d’alexandrins gnangnans, la Fantastique fait entendre quelque chose d’inouï : avec son début, la musique change à jamais de visage.

Ensuite, le programme de la Fantastique, flâneur étranger au monde, en proie au spleen (c’est bien ça, non ?), relation ambivalente et obsessionnelle à la femme, usage des stupéfiants, attrait pour le satanique et la parodie, a bien plus à voir avec Baudelaire qu’avec ses contemporains Lamartine ou Hugo. Enfin, à travers l’attirance pour le vague et l’étrange, l’évocation de la vie mondaine du Bal, c’est bien la modernité qui s’affirme. « La modernité, écrivait Baudelaire, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable ». Un Bal, ou l’éphémère faisant irruption dans la grande musique.

Ce Berlioz vénéneux, Karajan en dresse un portrait qui est aussi singulier que des versions un temps encensées par la critique (Michael Tilson-Thomas à San Francisco) sont, elles, anecdotiques et oubliables : Rêveries, Passions où la beauté plastique n’étouffe jamais le mystère et l’expression, séduction irrésistible du Bal, inguérissable mélancolie de la Scène aux champs, Finale spectaculaire et habité. Le son berlinois incarne ici un rêve de beauté pure. A force de dire qu’il était perfectionniste, on finit par reprocher au chef une forme de distanciation, mais ici ce serait complètement à tort.

Les compléments sont courts, mais le Ballet des Sylphes proprement envoûtant.

PS. Mon titre est issu de « A une passante », Baudelaire, les Fleurs du Mal, Tableaux Parisiens.
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3 sur 5 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Très bonne interprétation de la symphonie Fantastique et de la damnation de Faust Karajan à la tête du Berliner Philharmoniker .
Côté son rien à dire la qualité est là comme d'habitude chez Deutsche Grammophon.
Musicalement vôtre
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