Bernard Lavilliers

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Biographie

Véritable enfant de la classe populaire, Bernard Lavilliers, est né Bernard Oulion le 7 octobre 1946 à Saint-Etienne. Enfant fragile (il s'est bien rattrapé ensuite), sa faible constitution oblige ses parents à déménager à la campagne. Puis, quelques années plus tard, c'est entre une cité HLM stéphanoise et une maison de correction qu'il fera ses premières armes, que ce soit guitare ou gant de boxe en main.

D'abord apprenti dans un atelier de tournage de métaux, Bernard Lavilliers, qui rêve alors de cinéma ou de musique, commence à chanter dans les cabarets de Saint-Etienne, se créant une ... Lire la suite

Véritable enfant de la classe populaire, Bernard Lavilliers, est né Bernard Oulion le 7 octobre 1946 à Saint-Etienne. Enfant fragile (il s'est bien rattrapé ensuite), sa faible constitution oblige ses parents à déménager à la campagne. Puis, quelques années plus tard, c'est entre une cité HLM stéphanoise et une maison de correction qu'il fera ses premières armes, que ce soit guitare ou gant de boxe en main.

D'abord apprenti dans un atelier de tournage de métaux, Bernard Lavilliers, qui rêve alors de cinéma ou de musique, commence à chanter dans les cabarets de Saint-Etienne, se créant une petite réputation locale. Mais, très bientôt, l'appel du large se fait le plus fort et le Stéphanois embarque pour l'Amérique du Sud. Docker, chauffeur routier, puis videur de boîte de nuit à Rio, il découvre l'Amazonie, les vastes espaces du Brésil et la faune urbaine de la mégapole carioca. Cette expérience le marquera profondément et, bien qu'il revienne en France quelques années plus tard après un bref détour par les Caraïbes et l'Amérique du Nord, l'Amérique latine restera partie intégrante de sa personne et de son inspiration. 

De retour en France, Bernard Lavilliers, considéré comme insoumis au service national, connaît pendant une année les joies des bataillons disciplinaires de Metz avant d'être emporté par les événements de Mai 68. Chantant son répertoire - très inspiré par Ferré - devant les ouvriers en grève ou les cabarets, Lavilliers s'affiche alors résolument à gauche, aux côtés du Parti Communiste. Une rencontre heureuse avec Jean-Pierre Hebrard lui permettra de sortir trois Super 45 tours coup sur coup (« Rose-rêve » et « La frime », prix de la Rose d'or de Montreux en février 1967 et « La dernière bouteille » en septembre), puis un premier album éponyme (octobre 1968).

Les années 1970 vont voir Bernard Lavilliers s'attirer les faveurs d'un large public. Très prolifique, le Stéphanois multiplie les tournées, les concerts, et les albums. Fidèle à sa guitare acoustique, il n'hésite pas cependant, à utiliser les instruments électriques sur certaines de ses compositions, oscillant ainsi entre les univers musicaux de Ferré, du rock, et bien sûr, ses sons latino-américains (« Brésil », « La Samba »). C'est aussi à cette époque que le « physique » de Bernard Lavilliers commence à contribuer à la célébrité du chanteur. Baraqué, l'homme passe de nombreuses heures en salles de gym  et son look « cuir, boucle d'oreille et jean » devient de plus en plus reconnaissable. Peut-être même plus que son oeuvre.

Les Poètes, en 1972, Le Stéphanois, en 1975, Les Barbares, en 1976, 15ème Round l'année suivante et Pouvoirs en 1979 sont autant de succès critiques et publics pour Bernard Lavilliers. Déjà père de trois enfants, le chanteur stéphanois bouffe littéralement les planches à chaque concert, comme en témoigne l'enregistrement « T'Es Vivant ? » (1978), et sa voix rauque sur des rythmes mi-rock, mi latino fait merveille : 6000 personnes se pressent à l'Hippodrome de Pantin pour venir l'écouter. Son style surprend un peu car le bonhomme a plus d'une corde à son arc. Passant aussi bien de la rythmique jamaïcaine à la mise en musique des poèmes d'Aragon, Lavilliers évoque la rudesse des rapports humains, l'Amérique du Sud, la Jamaïque, les ghettos urbains des grandes métropoles les femmes et la misère.

Malgré les succès de Ô Gringo (« La Salsa », « Kingston » et le hit estival « Stand the Ghetto ») et de Nuit d'Amour (« Pigalle la Blanche ») qui le portent au faîte de sa carrière, le début des années 1980 est difficile pour Lavilliers, qui vient de se séparer de sa compagne. Reprenant encore une fois l'avion pour l'Eldorado sud-américain, il joue quelques temps au sein d'une formation brésilienne avant de faire une rencontre qui le remettra d'aplomb pour les années à venir, celle de Melle Li, une artiste chorégraphe qu'il épouse en 1984. La même année, il signe la bande originale du film Rue Barbare.

Reprenant le chemin des studios, Lavilliers sort l'album Tout est Permis, Rien N'est Possible et se voit proposer la direction artistique du Casino de Paris. Mais bientôt, l'esprit de la bourlingue se rappelle à son souvenir et Bernard cède à ses vieux démons de la bougeotte. Amérique du Sud, bien sûr, mais aussi Afrique et Asie d'où l'artiste ramène de nouvelles sonorités. En 1986, l'album If contenant le standard « On The Road Again » fait un carton et Lavilliers s'impose comme l'un des poids lourds de la chanson française de son temps. Mais c'est également l'époque où son image devient presque plus célèbre que son oeuvre. De nombreux imitateurs ne se privent pas de railler son allure de bourlingueur bodybuildé nanti d'une philosophie de vie exotico-mystico-pouet-pouet un peu absurde.

À la fin des années 80, la réputation de Bernard Lavilliers est peu ou prou semblable à celle qui collera à Jean-Claude Van Damme une dizaine d'années plus tard. Bien qu'il se défende de l'être, Lavilliers est affecté par cette image caricaturale, qui le réduit au stade de gentil chanteur neuneu et baraqué à la mystique fumeuse. Renaud, mais aussi Elmer Food Beat, ne se privent pas de l'asticoter dans les paroles de certains de leurs morceaux ; mais l'homme n'est pas rancunier et ne leur rendra guère la pareille. Les Champs du Possible, en 1994 est l'album du retour, mais c'est surtout le duo avec Jimmy Cliff « Melody Tempo Harmony » qui signe son come-back sur le devant de la scène. En 1998, l'album Clair-Obscur, dans lequel il touche un peu aux sonorités jazzy en dépit de la présence de ses thèmes fétiches (Jamaïque, Ferré...) est enregistré à Kingston et le public de l'Olympia lui fait un triomphe.

Arrêt sur images, en 2001 adjoint la touche electro aux habituels sons reggae et salsa de l'artiste. Toujours sensible à ses engagements de jeunesse, Lavilliers annule un concert qu'il devait donner pour la firme Renault, qui licencie en masse à Vilvoorde, et se produit devant des parterres d'ouvriers grévistes, comme à ses débuts, ou à la Fête de l'Huma. Touché par les idées marxistes lors de ses débuts, Bernard Lavilliers, avec le temps, se rapproche davantage du courant altermondialiste, bien qu'il soit toujours un fidèle des Fêtes de l'Huma, organisées par le Parti Communiste. En 2003, Lavilliers reçoit le Grand Prix de la Chanson Française pour la sortie de l'album Lavilliers Chante les Poètes.

Carnets de Bord en 2004 est le 27e album de l'artiste (albums studio, lives ou compilations inclus) et Lavilliers délaye l'un de ses thèmes fétiches - le voyage - sur les 11 titres de l'album, évoquant la mer ou la figure de Che Guevara. Un live, Escale au Grand Rex, sort en 2005.

Il serait dommage de voir Bernard Lavilliers, chanteur à textes et artiste pluridisciplinaire aux références diverses et extrêmement variées, réduit à la simple caricature d'aventurier à gros biscotos joueur de reggae. C'est malheureusement la rançon du succès pour l'un des auteurs les plus prolifiques de la scène française, dont les références incluent aussi bien Juliette Gréco que Léo Ferré, Jimmy Cliff, Guillaume Apollinaire, Louis Aragon, Blaise Cendrars ou Cesaria Evora, dont la carrière ne saurait être résumée à sa période « jamaïcaine ». Évoluant aussi bien dans le domaine de la chanson sentimentale que de la satire politique, dans la dénonciation de l'injustice mais aussi dans celui - plus étonnant - des comptines pour enfants, Bernard Lavilliers, a réussi à devenir tout aussi prolifique et important pour l'histoire de la chanson française que Ferré, celui là même qu'il admire tant. Nul doute que si Ferré avait fait de la gonflette ou le coup de poing dans le port de Rio, la filiation aurait été d'autant plus établie.

À l'automne 2010, Causes Perdues et Musiques Tropicales retrouve la veine latino-américaine chère au chanteur-baroudeur. Pour cet opus, Bernard Lavilliers s'est entouré de Bonga, présent sur le duo « Angola », l'arrangeur Fred Pallem, le guitariste Sébastien Martel, le multi instrumentiste David Donatien et de l'ensemble Spanish Harlem Orchestra. Le single « L'Exilé » et le titre « Identité nationale » font déjà figure de classiques de celui qui se considère « solidaire et marginal ». L'album suivant, Baron Samedi, est réalisé avec Romain Humeau, du groupe Eiffel. Paru en novembre 2013, le recueil mi-acoustique, mi-voyageur contient notamment le titre « Scorpion » et un poème de Blaise Cendrars lu sur vingt-huit minutes, « Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France ». Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Véritable enfant de la classe populaire, Bernard Lavilliers, est né Bernard Oulion le 7 octobre 1946 à Saint-Etienne. Enfant fragile (il s'est bien rattrapé ensuite), sa faible constitution oblige ses parents à déménager à la campagne. Puis, quelques années plus tard, c'est entre une cité HLM stéphanoise et une maison de correction qu'il fera ses premières armes, que ce soit guitare ou gant de boxe en main.

D'abord apprenti dans un atelier de tournage de métaux, Bernard Lavilliers, qui rêve alors de cinéma ou de musique, commence à chanter dans les cabarets de Saint-Etienne, se créant une petite réputation locale. Mais, très bientôt, l'appel du large se fait le plus fort et le Stéphanois embarque pour l'Amérique du Sud. Docker, chauffeur routier, puis videur de boîte de nuit à Rio, il découvre l'Amazonie, les vastes espaces du Brésil et la faune urbaine de la mégapole carioca. Cette expérience le marquera profondément et, bien qu'il revienne en France quelques années plus tard après un bref détour par les Caraïbes et l'Amérique du Nord, l'Amérique latine restera partie intégrante de sa personne et de son inspiration. 

De retour en France, Bernard Lavilliers, considéré comme insoumis au service national, connaît pendant une année les joies des bataillons disciplinaires de Metz avant d'être emporté par les événements de Mai 68. Chantant son répertoire - très inspiré par Ferré - devant les ouvriers en grève ou les cabarets, Lavilliers s'affiche alors résolument à gauche, aux côtés du Parti Communiste. Une rencontre heureuse avec Jean-Pierre Hebrard lui permettra de sortir trois Super 45 tours coup sur coup (« Rose-rêve » et « La frime », prix de la Rose d'or de Montreux en février 1967 et « La dernière bouteille » en septembre), puis un premier album éponyme (octobre 1968).

Les années 1970 vont voir Bernard Lavilliers s'attirer les faveurs d'un large public. Très prolifique, le Stéphanois multiplie les tournées, les concerts, et les albums. Fidèle à sa guitare acoustique, il n'hésite pas cependant, à utiliser les instruments électriques sur certaines de ses compositions, oscillant ainsi entre les univers musicaux de Ferré, du rock, et bien sûr, ses sons latino-américains (« Brésil », « La Samba »). C'est aussi à cette époque que le « physique » de Bernard Lavilliers commence à contribuer à la célébrité du chanteur. Baraqué, l'homme passe de nombreuses heures en salles de gym  et son look « cuir, boucle d'oreille et jean » devient de plus en plus reconnaissable. Peut-être même plus que son oeuvre.

Les Poètes, en 1972, Le Stéphanois, en 1975, Les Barbares, en 1976, 15ème Round l'année suivante et Pouvoirs en 1979 sont autant de succès critiques et publics pour Bernard Lavilliers. Déjà père de trois enfants, le chanteur stéphanois bouffe littéralement les planches à chaque concert, comme en témoigne l'enregistrement « T'Es Vivant ? » (1978), et sa voix rauque sur des rythmes mi-rock, mi latino fait merveille : 6000 personnes se pressent à l'Hippodrome de Pantin pour venir l'écouter. Son style surprend un peu car le bonhomme a plus d'une corde à son arc. Passant aussi bien de la rythmique jamaïcaine à la mise en musique des poèmes d'Aragon, Lavilliers évoque la rudesse des rapports humains, l'Amérique du Sud, la Jamaïque, les ghettos urbains des grandes métropoles les femmes et la misère.

Malgré les succès de Ô Gringo (« La Salsa », « Kingston » et le hit estival « Stand the Ghetto ») et de Nuit d'Amour (« Pigalle la Blanche ») qui le portent au faîte de sa carrière, le début des années 1980 est difficile pour Lavilliers, qui vient de se séparer de sa compagne. Reprenant encore une fois l'avion pour l'Eldorado sud-américain, il joue quelques temps au sein d'une formation brésilienne avant de faire une rencontre qui le remettra d'aplomb pour les années à venir, celle de Melle Li, une artiste chorégraphe qu'il épouse en 1984. La même année, il signe la bande originale du film Rue Barbare.

Reprenant le chemin des studios, Lavilliers sort l'album Tout est Permis, Rien N'est Possible et se voit proposer la direction artistique du Casino de Paris. Mais bientôt, l'esprit de la bourlingue se rappelle à son souvenir et Bernard cède à ses vieux démons de la bougeotte. Amérique du Sud, bien sûr, mais aussi Afrique et Asie d'où l'artiste ramène de nouvelles sonorités. En 1986, l'album If contenant le standard « On The Road Again » fait un carton et Lavilliers s'impose comme l'un des poids lourds de la chanson française de son temps. Mais c'est également l'époque où son image devient presque plus célèbre que son oeuvre. De nombreux imitateurs ne se privent pas de railler son allure de bourlingueur bodybuildé nanti d'une philosophie de vie exotico-mystico-pouet-pouet un peu absurde.

À la fin des années 80, la réputation de Bernard Lavilliers est peu ou prou semblable à celle qui collera à Jean-Claude Van Damme une dizaine d'années plus tard. Bien qu'il se défende de l'être, Lavilliers est affecté par cette image caricaturale, qui le réduit au stade de gentil chanteur neuneu et baraqué à la mystique fumeuse. Renaud, mais aussi Elmer Food Beat, ne se privent pas de l'asticoter dans les paroles de certains de leurs morceaux ; mais l'homme n'est pas rancunier et ne leur rendra guère la pareille. Les Champs du Possible, en 1994 est l'album du retour, mais c'est surtout le duo avec Jimmy Cliff « Melody Tempo Harmony » qui signe son come-back sur le devant de la scène. En 1998, l'album Clair-Obscur, dans lequel il touche un peu aux sonorités jazzy en dépit de la présence de ses thèmes fétiches (Jamaïque, Ferré...) est enregistré à Kingston et le public de l'Olympia lui fait un triomphe.

Arrêt sur images, en 2001 adjoint la touche electro aux habituels sons reggae et salsa de l'artiste. Toujours sensible à ses engagements de jeunesse, Lavilliers annule un concert qu'il devait donner pour la firme Renault, qui licencie en masse à Vilvoorde, et se produit devant des parterres d'ouvriers grévistes, comme à ses débuts, ou à la Fête de l'Huma. Touché par les idées marxistes lors de ses débuts, Bernard Lavilliers, avec le temps, se rapproche davantage du courant altermondialiste, bien qu'il soit toujours un fidèle des Fêtes de l'Huma, organisées par le Parti Communiste. En 2003, Lavilliers reçoit le Grand Prix de la Chanson Française pour la sortie de l'album Lavilliers Chante les Poètes.

Carnets de Bord en 2004 est le 27e album de l'artiste (albums studio, lives ou compilations inclus) et Lavilliers délaye l'un de ses thèmes fétiches - le voyage - sur les 11 titres de l'album, évoquant la mer ou la figure de Che Guevara. Un live, Escale au Grand Rex, sort en 2005.

Il serait dommage de voir Bernard Lavilliers, chanteur à textes et artiste pluridisciplinaire aux références diverses et extrêmement variées, réduit à la simple caricature d'aventurier à gros biscotos joueur de reggae. C'est malheureusement la rançon du succès pour l'un des auteurs les plus prolifiques de la scène française, dont les références incluent aussi bien Juliette Gréco que Léo Ferré, Jimmy Cliff, Guillaume Apollinaire, Louis Aragon, Blaise Cendrars ou Cesaria Evora, dont la carrière ne saurait être résumée à sa période « jamaïcaine ». Évoluant aussi bien dans le domaine de la chanson sentimentale que de la satire politique, dans la dénonciation de l'injustice mais aussi dans celui - plus étonnant - des comptines pour enfants, Bernard Lavilliers, a réussi à devenir tout aussi prolifique et important pour l'histoire de la chanson française que Ferré, celui là même qu'il admire tant. Nul doute que si Ferré avait fait de la gonflette ou le coup de poing dans le port de Rio, la filiation aurait été d'autant plus établie.

À l'automne 2010, Causes Perdues et Musiques Tropicales retrouve la veine latino-américaine chère au chanteur-baroudeur. Pour cet opus, Bernard Lavilliers s'est entouré de Bonga, présent sur le duo « Angola », l'arrangeur Fred Pallem, le guitariste Sébastien Martel, le multi instrumentiste David Donatien et de l'ensemble Spanish Harlem Orchestra. Le single « L'Exilé » et le titre « Identité nationale » font déjà figure de classiques de celui qui se considère « solidaire et marginal ». L'album suivant, Baron Samedi, est réalisé avec Romain Humeau, du groupe Eiffel. Paru en novembre 2013, le recueil mi-acoustique, mi-voyageur contient notamment le titre « Scorpion » et un poème de Blaise Cendrars lu sur vingt-huit minutes, « Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France ». Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Véritable enfant de la classe populaire, Bernard Lavilliers, est né Bernard Oulion le 7 octobre 1946 à Saint-Etienne. Enfant fragile (il s'est bien rattrapé ensuite), sa faible constitution oblige ses parents à déménager à la campagne. Puis, quelques années plus tard, c'est entre une cité HLM stéphanoise et une maison de correction qu'il fera ses premières armes, que ce soit guitare ou gant de boxe en main.

D'abord apprenti dans un atelier de tournage de métaux, Bernard Lavilliers, qui rêve alors de cinéma ou de musique, commence à chanter dans les cabarets de Saint-Etienne, se créant une petite réputation locale. Mais, très bientôt, l'appel du large se fait le plus fort et le Stéphanois embarque pour l'Amérique du Sud. Docker, chauffeur routier, puis videur de boîte de nuit à Rio, il découvre l'Amazonie, les vastes espaces du Brésil et la faune urbaine de la mégapole carioca. Cette expérience le marquera profondément et, bien qu'il revienne en France quelques années plus tard après un bref détour par les Caraïbes et l'Amérique du Nord, l'Amérique latine restera partie intégrante de sa personne et de son inspiration. 

De retour en France, Bernard Lavilliers, considéré comme insoumis au service national, connaît pendant une année les joies des bataillons disciplinaires de Metz avant d'être emporté par les événements de Mai 68. Chantant son répertoire - très inspiré par Ferré - devant les ouvriers en grève ou les cabarets, Lavilliers s'affiche alors résolument à gauche, aux côtés du Parti Communiste. Une rencontre heureuse avec Jean-Pierre Hebrard lui permettra de sortir trois Super 45 tours coup sur coup (« Rose-rêve » et « La frime », prix de la Rose d'or de Montreux en février 1967 et « La dernière bouteille » en septembre), puis un premier album éponyme (octobre 1968).

Les années 1970 vont voir Bernard Lavilliers s'attirer les faveurs d'un large public. Très prolifique, le Stéphanois multiplie les tournées, les concerts, et les albums. Fidèle à sa guitare acoustique, il n'hésite pas cependant, à utiliser les instruments électriques sur certaines de ses compositions, oscillant ainsi entre les univers musicaux de Ferré, du rock, et bien sûr, ses sons latino-américains (« Brésil », « La Samba »). C'est aussi à cette époque que le « physique » de Bernard Lavilliers commence à contribuer à la célébrité du chanteur. Baraqué, l'homme passe de nombreuses heures en salles de gym  et son look « cuir, boucle d'oreille et jean » devient de plus en plus reconnaissable. Peut-être même plus que son oeuvre.

Les Poètes, en 1972, Le Stéphanois, en 1975, Les Barbares, en 1976, 15ème Round l'année suivante et Pouvoirs en 1979 sont autant de succès critiques et publics pour Bernard Lavilliers. Déjà père de trois enfants, le chanteur stéphanois bouffe littéralement les planches à chaque concert, comme en témoigne l'enregistrement « T'Es Vivant ? » (1978), et sa voix rauque sur des rythmes mi-rock, mi latino fait merveille : 6000 personnes se pressent à l'Hippodrome de Pantin pour venir l'écouter. Son style surprend un peu car le bonhomme a plus d'une corde à son arc. Passant aussi bien de la rythmique jamaïcaine à la mise en musique des poèmes d'Aragon, Lavilliers évoque la rudesse des rapports humains, l'Amérique du Sud, la Jamaïque, les ghettos urbains des grandes métropoles les femmes et la misère.

Malgré les succès de Ô Gringo (« La Salsa », « Kingston » et le hit estival « Stand the Ghetto ») et de Nuit d'Amour (« Pigalle la Blanche ») qui le portent au faîte de sa carrière, le début des années 1980 est difficile pour Lavilliers, qui vient de se séparer de sa compagne. Reprenant encore une fois l'avion pour l'Eldorado sud-américain, il joue quelques temps au sein d'une formation brésilienne avant de faire une rencontre qui le remettra d'aplomb pour les années à venir, celle de Melle Li, une artiste chorégraphe qu'il épouse en 1984. La même année, il signe la bande originale du film Rue Barbare.

Reprenant le chemin des studios, Lavilliers sort l'album Tout est Permis, Rien N'est Possible et se voit proposer la direction artistique du Casino de Paris. Mais bientôt, l'esprit de la bourlingue se rappelle à son souvenir et Bernard cède à ses vieux démons de la bougeotte. Amérique du Sud, bien sûr, mais aussi Afrique et Asie d'où l'artiste ramène de nouvelles sonorités. En 1986, l'album If contenant le standard « On The Road Again » fait un carton et Lavilliers s'impose comme l'un des poids lourds de la chanson française de son temps. Mais c'est également l'époque où son image devient presque plus célèbre que son oeuvre. De nombreux imitateurs ne se privent pas de railler son allure de bourlingueur bodybuildé nanti d'une philosophie de vie exotico-mystico-pouet-pouet un peu absurde.

À la fin des années 80, la réputation de Bernard Lavilliers est peu ou prou semblable à celle qui collera à Jean-Claude Van Damme une dizaine d'années plus tard. Bien qu'il se défende de l'être, Lavilliers est affecté par cette image caricaturale, qui le réduit au stade de gentil chanteur neuneu et baraqué à la mystique fumeuse. Renaud, mais aussi Elmer Food Beat, ne se privent pas de l'asticoter dans les paroles de certains de leurs morceaux ; mais l'homme n'est pas rancunier et ne leur rendra guère la pareille. Les Champs du Possible, en 1994 est l'album du retour, mais c'est surtout le duo avec Jimmy Cliff « Melody Tempo Harmony » qui signe son come-back sur le devant de la scène. En 1998, l'album Clair-Obscur, dans lequel il touche un peu aux sonorités jazzy en dépit de la présence de ses thèmes fétiches (Jamaïque, Ferré...) est enregistré à Kingston et le public de l'Olympia lui fait un triomphe.

Arrêt sur images, en 2001 adjoint la touche electro aux habituels sons reggae et salsa de l'artiste. Toujours sensible à ses engagements de jeunesse, Lavilliers annule un concert qu'il devait donner pour la firme Renault, qui licencie en masse à Vilvoorde, et se produit devant des parterres d'ouvriers grévistes, comme à ses débuts, ou à la Fête de l'Huma. Touché par les idées marxistes lors de ses débuts, Bernard Lavilliers, avec le temps, se rapproche davantage du courant altermondialiste, bien qu'il soit toujours un fidèle des Fêtes de l'Huma, organisées par le Parti Communiste. En 2003, Lavilliers reçoit le Grand Prix de la Chanson Française pour la sortie de l'album Lavilliers Chante les Poètes.

Carnets de Bord en 2004 est le 27e album de l'artiste (albums studio, lives ou compilations inclus) et Lavilliers délaye l'un de ses thèmes fétiches - le voyage - sur les 11 titres de l'album, évoquant la mer ou la figure de Che Guevara. Un live, Escale au Grand Rex, sort en 2005.

Il serait dommage de voir Bernard Lavilliers, chanteur à textes et artiste pluridisciplinaire aux références diverses et extrêmement variées, réduit à la simple caricature d'aventurier à gros biscotos joueur de reggae. C'est malheureusement la rançon du succès pour l'un des auteurs les plus prolifiques de la scène française, dont les références incluent aussi bien Juliette Gréco que Léo Ferré, Jimmy Cliff, Guillaume Apollinaire, Louis Aragon, Blaise Cendrars ou Cesaria Evora, dont la carrière ne saurait être résumée à sa période « jamaïcaine ». Évoluant aussi bien dans le domaine de la chanson sentimentale que de la satire politique, dans la dénonciation de l'injustice mais aussi dans celui - plus étonnant - des comptines pour enfants, Bernard Lavilliers, a réussi à devenir tout aussi prolifique et important pour l'histoire de la chanson française que Ferré, celui là même qu'il admire tant. Nul doute que si Ferré avait fait de la gonflette ou le coup de poing dans le port de Rio, la filiation aurait été d'autant plus établie.

À l'automne 2010, Causes Perdues et Musiques Tropicales retrouve la veine latino-américaine chère au chanteur-baroudeur. Pour cet opus, Bernard Lavilliers s'est entouré de Bonga, présent sur le duo « Angola », l'arrangeur Fred Pallem, le guitariste Sébastien Martel, le multi instrumentiste David Donatien et de l'ensemble Spanish Harlem Orchestra. Le single « L'Exilé » et le titre « Identité nationale » font déjà figure de classiques de celui qui se considère « solidaire et marginal ». L'album suivant, Baron Samedi, est réalisé avec Romain Humeau, du groupe Eiffel. Paru en novembre 2013, le recueil mi-acoustique, mi-voyageur contient notamment le titre « Scorpion » et un poème de Blaise Cendrars lu sur vingt-huit minutes, « Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France ». Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre


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